‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 70 sur 303 · Suarez, In 3 p. disp. 3, sect · texte numérisé non relu

Suarez, In 3 p. disp. 3, sect

3. « Excepta sancta Virgine Maria, de qua, propter honorem Domini, nullam prorsus. cum de peccatis agitur, haberi volo quaestionem. Unde enim scimus quod ei plus gratite collatum fuit ad vin-

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a faits contre Julien, évêque de Capoue, il assure comme une maxime indubitable, « que celui qui, dans le cours de sa vie, n'a fait aucun péché actuel, ni mortel, ni véniel, doit être censé n'avoir point aussi contracté le péché originel1. » D'où il faut conclure que la bienheureuse Vierge en a été exempte, puisque c'est une chose constante, par le commun consentement des saints Pères, du sacré Concile de Trente5, et, par conséquent, de toute l'Église, qu'elle n'a jamais fait aucun péché, ni mortel, ni véniel.

Si vous prétendez que saint Thomas ait parlé contre cette très pure Conception, dans ses Commentaires sur le chapitre troisième de l'Ëpître aux Galates, leçon sixième, et dans la troisième partie de sa Somme, question 27, article 2, on vous répondra que tant s'en faut que ce saint Docteur ait écrit les choses qui se lisent aujourd'hui dans ces livres sur ce sujet, que l'on voit tout le contraire dans plusieurs anciennes impressions.

Car, premièrement, dans ses Commentaires sur le chapitre troisième de l'Épitre aux Galates, leçon sixième, il dit: Que tous les enfants d'Adam sont conçus en péché, excepté la très pure et très digne Vierge Marie, qui a été entièrement préservée de tout péché originel et véniel. Ces paroles se voient dans les impressions des dits Commentaires, qui se gardent depuis plus de six vingts ans dans la bibliothèque de la Compagnie de Jésus, à Vienne en Dauphiné: et dans l'édition de l'an 1529, qui est chezles

cendum ex omni parte peccatum, quse concipere ac parère voluit, quern constat nullum habuisse peccatum. » Lib. de Nalura et Gratia, cap. 36, n. 42.

1. « Nullus est hominum qui peccatum grandioris aetatis accessu, quia nullus est hominum qui peccatum non habuerit infantilis œtatis exordio. » Contra Julianum, lib. 5, cap. 15.

2. h Si quis dixerit hominem semel justificatum... posse in tota vita peccata omnia. etiam venialia vitare, nisi ex speciali Dei privilegio, quemadmodum de beata Virgine tenet Ecclesia, anathema sit. » Conc. Trid. sess. 5, can. 23.

Pères Minimes de Toulouse ; et chez Henrique, Jésuite, lib. 3 Summse, cap. 11, litlera M; et chezPineda, in cap. 7 Ecclesiastis, v. 29, n. 8 ; et dans l'impression de Paris de l'année 1542, qui se garde dans la bibliothèque du Collège de Bourges, de la même Compagnie, là où Honorât Niquel, Jésuite, assure avoir vu et lu les rnêmes Commentaires de saint Thomas sur l'Épître aux Gâtâtes, des susdites impressions de Venise et de Paris, dans lesquelles saint Thomas parle en la manière que je viens de dire1.

Secondement, le même saint Thomas, en sa troisième Partie, quest.27, art. 2, parle en cette manière: La bienheureuse Vierge a été sanctifiée dès le ventre de sa mère, lorsque son âme a été unie avec son corps. Ces paroles se lisent dans un livre fort ancien, qui se garde dans un couvent^ de Saint-François, proche les murailles de Séville. Et le dit Honorât, religieux très vertueux et très digne de foi de la Compagnie de Jésus, assure qu'il a vu et lu un livre dans leur bibliothèque de Bourges, que j'ai vu et lu aussi dans la bibliothèque du collège de Caen. de la même Compagnie, et dans celle de notre séminaire de Coutances, et que l'auteur de ce livre, nommé Joannes Bromiardus, qui vivait en l'an 1260, selon les chroniques de l'Ordre de Saint-Dominique, alléguant saint Thomas dans sa troisième Partie, quest. 27, article 2, sur la Con-

1. « Textus certe spurius sunt illa verba ex commentario in Epist. ad Galatas, o. 3, lec. 6, ubi S. Thomas ex Eccles. Vil, 29, deducit omnes homines praeter Christum habuisse peccatum originale ; dein additur : « Excipitur purissima et omni lande dignissima Virgo Maria. » Ad haec Remigius Florentinus, in edjt. Venet. 1562, notât : « Advertas, humanissime leotor, jam in quibusdani Venetiis 1555 impressis codicibus, post expositam Salomonis auctoritalem, hanc fuisse appositam particulam : Excipitur... quam a quodam temere adjectam nihil dubium fore credimus. Nani nec in manuscriptis, nec etiani alibi impressis codicibus (quas viderim, nam multos legi), haec particula reperitur, et in eo Parisiis impresso, a Fr. Joanne Alberto Castrensi a mendis purgato, non invenitur. » Pesch, Praelection.es dogmaticte, tom. III, n. 328.

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ception de la bienheureuse Vierge, lui l'ait dire les mêmes paroles que nous venons de rapporter, à savoir qu'elle a été exempte du péché originel et du péché véniel1.

En troisième lieu, Bernardinus de Bustis2, Salmeron3, et Canisius4, écrivent qu'autrefois saint Thomas, écrivant sur la Salutation angélique3, parlait en cette façon : « Marie a toujours été très pure de toute sorte de coulpe, parce que ni le péché originel, ni le mortel, ni le véniel, n'ont jamais eu aucune part en elle » : Maria purissima fuit quantum ad omnem culpam, quia nec originale, nec mortale, nec veniale peccatum incurrit. Et le Cardinal de Turrecremata, quoiqu'il tienne l'opinion opposée, reconnaît néanmoins que ces paroles sont de saint Thomas. Et cependant on trouve maintenant tout le contraire dans ce lieu du même Saint, aussi bien que dans les autres précédents sur l'Épître aux Galates, et dans sa troisième Partie.

Quelle conséquence peut-on tirer de toutes ces choses, sinon que tous ces lieux de saint Thomas, dans lesquels on voit maintenant une doctrine opposée à celle qui y

1. Voici le texte de Bromiard : « In eadem quœstione 11, a. 2, ponit S. Thomas sanctificationis Mariœ excellentiam, quantum ad temporis prioritatem, in hoc quod sanctificata fuit in sua animatione. » Le P. Pesch, qui cite ces paroles, ajoute : « Sed hoc dictum Bromiardi nullius est auctoritatis. et ab aliis gravissimis testibus refutatur. » A l'appui de son opinion il invoque en note l'autorité de Bernard de Rubeis, 0. P., dans sa Dissertation sur les principales éditions de la Somme, ch. 4, n. 2. Voici les paroles du célèbre Dominicain : « Insigne corruptionis, quod aflerri solet, argumentum prœterire piaculum foret, quod ex quodam Bromiardi Ordinis Praedicatorum loco desumitur. » 11 cite ensuite le texte de Bromiard, et il ajoute : « Verba partim in articulo 2 ejusdem quaestionis prostant, partim de suo adjecit ipse vel alius quispiam Bromiardi interpolator... Invicem diligentius textum articuli compara cum verbis Bromiardi : non illum interpolatum corruptumque dixeris ; sed ista ita composita, ut perperam ac mala fide textum exprimant. » V. Pesch, 1. c, n. 333. •

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