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neur de la Mère du Sauveur, et par conséquent de son Fils bien-aimé, puisqu'il est vrai, selon le langage du Saint- Esprit, que le fils tire sa gloire de l'honneur de ses parents, et que leur déshonneur est son ignominie : Gloria hominis ex honore patris swi, et dedecus filii pater sine honore1. Il en faut dire autant de la mère.
Si vous avez si peu d'amour pour un tel Fils et pour une telle Mère, que leur honneur, dans une chose de si haute conséquence, ne vous touche point, je vous dirai qu'au moins vous devez vous laisser toucher à la considération de votre propre intérêt. Car si, après tout ce qui est contenu dans ce chapitre, vous demeurez attachés au sentiment de ceux qui se persuadent, et qui veulent persuader aux autres, que la Mère de grâce et d'amour a été dans la disgrâce et dans la haine de Dieu, et par conséquent dans l'appartenance de Satan, au moment de sa Conception, quelle faveur et quelle protection pouvezvous espérer, en votre vie et en l'heure formidable de votre mort, d'un Fils qui a tant d'ardeur pour l'honneur de sa Mère, et d'une Mère qui est si zélée pour la gloire de son Fils ? Ne savez-vous pas qu'ils aiment ceux qui les aiment : Ego diligentes me diligo -, disent l'un et l'autre ; et que la mort est la maison, la demeure et le partage de ceux qui ne les aiment pas : Qui non diligit, manet in morte 3 ?
N'entendez-vous pas le grand saint Anselme, qui, dans l'épitre qu'il écrit à tous les Évèques d'Angleterre, pour les porter à faire la fête de la très pure Conception de la Reine des Anges, leur parle en cette façon : « Si nous voulons, mes très aimés frères, parvenir au port du salut éternel, et jouir des dons ineffables et des faveurs inénarrables que le Fils unique et bien-aimé de Marie fait à ceux qui honorent et qui aiment sa très digne et très aimable Mère, nous devons célébrer dignement, autant