Eph. IV, 24. — 2. Psal. XGVII. 1. — 3. Cant VII
130 l'enfance admirable
mière, et ne lui ait suggéré quelque nouvelle pratique de piété, ou quelque nouveau moyen d'enflammer de plus en plus le feu sacré du divin amour dans les cœurs de ses enfants ? N'est-ce pas pour cette fin que le même divin Esprit lui a inspiré d'établir toutes les fêtes qui se célèbrent durant le cours de l'année ? N'est-il pas vrai que toutes ces fêtes n'ont pas été établies tout d'un coup, mais peu à peu et en divers temps, et qu'elles ont été nouvelles en leur commencement?
Ne savez-vous pas que c'est depuis l'an 1261 que l'on solennise la fête du très saint Sacrement de l'Autel, et que celle du Saint Nom de Jésus, qui se fait en plusieurs églises, est aussi fort récente? Mettez en ce même rang la fête de la Visitation de Notre-Dame, établie par Urbain VI, en 1385; la fête de la Présentation, insérée au Calendrier romain par le Pape Paul II, en 1.464,; la fête du saint Mariage de la très sacrée Vierge avec saint .Joseph, approuvée par Paul III, en 1546 ; la fête de l'Attente de l'accouchement de la même Vierge, par le Pape Grégoire XIII ; la fête de Notre-Dame de la Victoire, le 7 d'octobre, parle Pape saint Pie V ; la fête des Grandeurs de Jésus et des Grandeurs de sa divine Mère, que Ton fait dans la Congrégation de l'Oratoire de France. Joignez-y aussi les nouvelles fêtes d'un grand nombre de Saints et de Saintes canonisés depuis peu.
Toutes ces nouveautés ne sont-elles pas saintes, désirables, et avantageuses à l'Église et aux âmes des fidèles qui font bon usage des grâces qui en procèdent? Car, une des plus grandes faveurs que Notre-Seigneur fasse à son Église, c'est lorsqu'il lui donne quelque nouvelle solennité à célébrer, soit en l'honneur de quelqu'un de ses Saints, dans lesquels il veut être glorifié ; soit en l'honneur de quelqu'un de ses mystères ou grandeurs ; soit en l'honneur de quelque mystère, qualité, vertu ou action de sa très sainte Mèro. en laquelle tout est si digne, si grand et si admirable, que (juand tous les Anges et les Saints du
ciel et de la terre emploieraient toutes leurs forces pour célébrer, durant toute l'éternité, autant de tètes très solennelles, comme elle a eu de pensées, dit de paroles et fait d'actions pendant qu'elle était en la terre, ils ne pourraient jamais rendre tout l'honneur qui est dû à la moindre de ses pensées ou à un seul de ses pas, sadignité infinie de Mère de Dieu rendant tout ce qui est en elle digne, en quelque façon, d'un honneur infini.
Le fondement de cette vérité est, parce que toutes les fêtes qui se célèbrent ici-bas dans l'Église militante, sont des figures et des commencements de la merveilleuse et perpétuelle solennité qui se fait là-haut dans l'Église triomphante. Ce sont autant de fontaines de grâces et de bénédictions que le ciel verse en ces jours-là plus abondamment sur la terre. Ce sont des jours de sainteté, auxquels les chrétiens s'efforcent de rendre quelque honneur plus particulier à Dieu, à sa très sainte Mère et à ses Saints, et se rendent dignes, par ce moyen, de recevoir de lui plus abondamment les effets de ses miséricordes.
C'est pourquoi le Saint-Esprit, qui gouverne l'Église en toutes choses, lui inspire toujours, de temps en temps, la célébration de quelque nouvelle solennité ; et, pour l'ordinaire, il commence à faire cette grâce à une église particulière, et par après, il la communique à toutes les autres.
C'est ainsi que la fête de la Conception immaculée de la glorieuse Vierge a été établie dans l'Église. Voyons maintenant en quel lieu et en quel temps elle a commencé à être célébrée.
Quelques-uns disent qu'elle a eu son commencement en Espagne, dès le temps de l'apôtre saint Jacques le Majeur ; mais cette opinion ne peut pas subsister, pour les raisons que vous pouvez voir chez Salazar '.