‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostolique (volume 5)Chapitre 76 sur 303 · De Concept, cap. 35, \ 2, n · texte numérisé non relu

De Concept, cap. 35, \ 2, n

132 l"e.\ta.\ce admirable

Il y en a d'autres qui croient qu'elle a commencé dans la Grèce, en l'an 1145 ; mais il y a plusieurs auteurs qui révoquent cela en doute, parce qu'on l'y faisait non pas le huitième, mais le neuvième de décembre ; ce qui donne sujet de croire que les Grecs ne faisaient pas alors la fête de la très pure Conception de la Mère du Sauveur, mais seulement celle de sa Sanctification.

Il y en a encore d'autres qui tiennent qu'elle a commencé en France, dans la ville de Lyon, du temps de saint Bernard, fondés sur l'épître que ce grand Saint écrivit sur ce sujet aux Chanoines de Lyon. Mais cela ne peut pas être ; car cette épître n'a été écrite que trente ou quarante ans après celle que saint Anselme écrivit aux Évèques d'Angleterre, pour les porter à établir la même fête dans leurs diocèses. De sorte qu'elle n'a été célébrée à Lyon que trente ou quarante ans après qu'on avait commencé à la célébrer en Angleterre, et cinquante ou soixante ans après l'avoir commencée en la province de Normandie, comme nous verrons ciaprès.

Plusieurs autres sont d'avis que cette fête a commencé en Italie, dans la ville d'Aquilée,et ensuite dans la Hongrie, et qu'elle y a été établie par un grand serviteur de Dieu et de la bienheureuse Vierge, qui était frère du roi de Hongrie, et très zélé pour l'honneur de cette divine Vierge ; duquel saint Anselme rapporte, dans la susdite épître, qu'ayant été poussé par ses parents de se marier, comme il était sur le point de le faire, la Reine des Vierges lui apparut, qui lui fit quitter ce dessein, et 1 exhorta de célébrer tous les ans la fête de sa Conception immaculée, le huitième de décembre, et de s'employer à la faire célébrer aux autres, l'assurant que, s il le faisait, elle lui donnerait une belle couronne au royaume de son Fils. Ce qu'ayant promis, il se déroba, et se cacha pour un temps dans un monastère voisin; et peu après, il se transporta en Italie, sous la

conduite delà Mère de Dieu, là où il mena une vie si sainte et si exemplaire, que l'archevêque d'Aquilée «tant mort, on le mit en sa place. Ensuite de quoi il ne manqua pas de célébrer tous les ans la fête qui lui avait été recommandée, et d'employer tout le pouvoir et tout le crédit qu'il avait acquis par sa naissance royale et par sa vertu éminente, pour la faire célébrer dans la" Hongrie et dans les autres diocèses de l'Italie ; d'où elle passa, quelque temps après, dans la Grèce, tant par le commerce qui était alors entre la ville de Constantinople et celle d'Aquilée, que par le moyen de la belle oraison que le très pieux empereur Léon, surnommé le Philosophe, avait faite sur ce mystère de la très sainte Conception de la Mère du Sauveur, qui contribua beaucoup à la faire recevoir dans l'Église grecque.

Section IV Continuation du même sujet.

Après les différentes opinions qui précèdent, le grand et fidèle serviteur de la Reine du ciel, Salazar, écrit ' •qu'ayant soigneusement étudié et examiné cette affaire, touchant le commencement de la fête susdite, ce qu'il trouve de plus certain, est que la révélation faite à l'abbé Elsime est la première origine de son établissement, en la manière qui est rapportée par saint Anselme, dans son épître aux Évêques d'Angleterre, dont voici la substance :

Les péchés des Anglais étant montés jusqu'au ciel, Dieu suscita Guillaume-le-Conquérant, duc de Normandie, pour en faire la punition, et pour les obliger de s'amender et de s'attacher plus étroitement à son service. En l'année 1066, ce vaillant prince, ayant composé une

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