I Cor. XV
loi l'enfance admirable
té, est comme un ciel plus saint en quelque façon que le ciel empyrée ? N'est-il pas vrai, par conséquent, que Dieu est plus glorifié dans ce ciel, que dans le ciel qui est la demeure des Anges et des Saints ? N'est-il pas vrai aussi que c'est un paradis de délices pour la très sainte Trinité, qui prend plus de complaisance incomparablement dans l'âme et dans le Cœur de cette aimable Enfant, et dans les saints exercices qu'elle fait avec une telle perfection et sainteté, que dans tous les Saints qui sont et qui seront dans le paradis ?
« 0 bienheureux ventre de sainte Anne, s'écrie saint Jean Damascène1, qui enfante un ciel vivant plus grand que tous les cieux ! » 0 très sainte Enfant, qui êtes environnée, dans ce ventre maternel, d'une armée innombrable d'Anges ! 0 admirable Enfant, vous êtes un monde de merveilles ; vous êtes un abîme de miracles; vous êtes ce qu'aucune langue ne peut dire, et ce qu'aucun esprit^ ni humain, ni angélique, ne peut comprendre ! 0 Dieu tout bon et tout puissant, que toutes vos bontés, toutes vos puissances et toutes vos perfections infinies vous bénissent et vous louent éternellement, pour les cboses grandes que vous avez faites en cette incomparable Enfant! Benedicite omnes virtutes Domini Domino*. Oh ! que j'ai de joie de la voir si sainte, et de vous voir tant honoré en elle, durant les neuf mois qu'elle a fait sa demeure dans les bénites entrailles de sa bienheureuse mère l Mais, mon Dieu, que j'ai de confusion quand je fais réflexion sur les premiers neuf mois de ma vie, sans parler du reste ! Que j'ai de douleur d'avoir été si longtemps dans un état qui me rendait votre ennemi, et qui vous déplaisait infiniment! Pardon, mon Dieu, pardon, s'il vous plaît ; car je déteste tellement ce malheureux état, que, si cela dépendait de mon choix, j'aimerais mieux
i. « O beatum ventrem, qui vivum cselutn cselis ipsis latius peperit ! » De îXat. [i. Mariai Virg., orat. 1. 2. Dan. 111, 61.
n'avoir jamais été, que d'avoir été dans un état d'inimitié et de rébellion contre vous, tel qu'était celui-là.
0 mon Créateur, je vous offre tout l'honneur et la gloire, l'amour et les louanges qui vous ont été rendus par votre Fils Jésus pendant qu'il a été dans le ventre virginal, et par sa très sacrée Mère, pendant qu'elle a été dans les bénites entrailles de sa sainte mère, en satisfaction et réparation de l'état de péché où j'ai été depuis le moment auquel mon âme a été créée et unie à mon corps, jusqu'au moment de mon baptême. 0 Jésus, ô Marie, Mère de Jésus, offrez vous-même, s'il vous plaît, pour moi cette satisfaction et réparation à la divine- Majesté.