Rutil. Benson.. in Psal. 86, cap
162 l'enfance admirable
misérables damnés, qui est de ne les punir pas autant qu'ils le méritent, selon la doctrine de saint Thomas1.
C'est ainsi que cette grande Reine comprend tout, et est partout par sa lumière, par sa puissance et par sa charité. Et elle est seule entre toutes les créatures qui soit ainsi partout, et qui ait tant de bonté et tant de pouvoir qu'elle puisse secourir tous ceux qui implorent son aide, aussi promptement comme si elle était présente en personne en tous les lieux où elle est invoquée. Ce qui arrive effectivement et plus souvent qu'on ne pense, selon ces belles paroles de saint Germain, Patriarche de Constantinople2 : « Votre esprit, ô Marie, est immortel, et votre chair virginale n'a point souffert de corruption dans le sépulcre. Vous voyez toutes choses, vous observez toutes choses, et vous honorez tous les habitants de l'univers de vos très bénins regards. Et encore que nos yeux soient retenus et empêchés de vous voir, si est-ce que vous ne laissez pas de vous rendre présente à ceux que vous jugez dignes de votre faveur, et de leur faire sentir la douceur de votre sainte présence. »
6. Écoutons encore ce que celte aimable Marie nous dit, après son Fils Jésus. Voici les paroles du Fils, qui sont aussi celles de la Mère : « J'ai cherché, parmi toutes les nations qui relèvent de mon empire, des âmes et des cœurs pour y faire ma demeure et y prendre mon repos : In omnibus requiem qusesivi, et in haereditate Domini morabor3. Mais c'est dans l'héritage du Seigneur, c'est-à-dire, dans les cœurs qui sont tout à fait en la possession du
1. « Et tanien in damnatione reproborum apparet niisericordia : non quidem totaliter relaxans, sed aliqualiter allevians, dum punit citra condignum. » 1. P.. quaest. 21, art. 4, ad. 1.
2. « Spiritus tuus œternum vivit, et caro tua corruptionem passa non est. Omnes visitas, et in omnes, o Dei Mater, visitatio tua : ut licet oculi nostri teneantur ne te videant, tu tamen in medio omnium libenter moraris, et te non indignis quotidie manifestas teipsam. » Serm. 2, de Dorni. Virg,