‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 120 sur 252 · TROISIÈME PARTIE. — § V · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — § V

les divers états et mystères de Jésus dans les divers temps de l'année, et à nous donner à lui, afin qu'il opère en nous, par ces mêmes mystères, tout ce qu'il désire y opérer pour sa pure gloire C'est la première raison qui nous oblige d'avoir une dévotion spéciale à tous les états et mystères de la vie de Jésus.

V. — De quelques autres raisons qui nous obligent d'avoir une dévotion spéciale à tous les états et mystères de la vie de Jésus, et de les honorer tous en chaque année.

Plusieurs autres raisons nous obligent d'avoir une dévotion très particulière à tous les états et mystères de la vie de Jésus, dont j'en mettrai encore ici quatre, outre la précédente, qui sont très puissantes.

1. Parce que nous, devons imiter notre Père céleste, selon cet enseignement de saint Paul : Estote imitalores Dei, sicut filii chari&simi* . Or ce Père divin est continuellement occupé à contempler, glorifier et aimer son Fils Jésus, et à le faire aimer et glorifier en lui-même, et en tous ses états et mystères.

2. Parce que nous devons aimer et honorer singulièrement toutes les choses par lesquelles Dieu est aimé et glorifié. Or toutes les choses qui sont en Jésus rendent une gloire infinie à Dieu. G est pourquoi nous devons honorer très particulièrement et infiniment, s'il était possible, tous les états et mystères, et les moindres choses qui sont en Jésus. Et nous avons infiniment plus d'obligation de les honorer et de remercier le Fils de Dieu de la gloire qu'il a rendue à son Père par ses mystères, que non pas des grâces et du salut qu'il nous a acquis par ces mêmes mystères ; d'autant que l'intérêt de Dieu nous doit être infiniment plus cher que le nôtre.

< Eph, V, 1.

3. Parce que la sainte Église, ou plutôt le Saint-Esprit parlant par l'oracle de l'Église, nous invite continuellement à adorer et glorifier les divers états et mystères de Jésus. Car pourquoi est-ce qu'au commencement, à la fin, au milieu, et en toutes les parties principales de la sainte Messe, c'est-à-dire dans le cantique Gloria in excelsis, dans le sacré Symbole, dans le dernier évangile In principio eral Verbum, et en plusieurs autres endroits de la sainte Messe ; comme aussi dans le Symbole que nous disons tous les jours, au commencement, au milieu et à la fin du divin office, et dans plusieurs autres parties de ce même office : pourquoi est-ce, dis-je, que le Saint-Esprit en toutes ces choses nous met sans cesse devant les yeux les divers états et mystères de la vie de Jésus, sinon afin qu'ils soient l'objet de nos contemplations et adorations, et le sujet de tous nos exercices de piété ; et qu'ainsi ils soient le pain quotidien et fa nourriture ordinaire de la vie de nos âmes, qui ne doivent vivre que de la foi, de la considération et de l'amour qu'elles doivent avoir au regard des mystères de Dieu et de Jésus-Christ, selon cette parole de saint Paul : Le juste vit de la /bi1? .

4. Nous avons obligation très spéciale d'honorer tout ce qui est en Jésus, parce que toute grandeur mérite honneur et hommage, et une grandeur infinie mérite un honneur et un hommage infini. Or Jésus est le grand des grands, il est la grandeur même, et une grandeur infinie et incompréhensible. Et tout ce qui est en sa divinité et en son humanité, tous ses états et mystères, et les moindres choses qui se sont passées en lui", portent en soi une grandeur et une dignité infinie, et contiennent une infinité de merveilles: à raison de quoi elles méritent un honneur et une gloire infinie.

Et cependant, ces choses si grandes, si dignes et si

1 « Justus ex fide vivit. » lleb. X, 38.

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