‹ uvres complètes du vénérable Jean Eudes, missionnaire apostoliqueChapitre 208 sur 252 · XXIII. — Contre les tentations · texte numérisé non relu

XXIII. — Contre les tentations

x orsqu'il vous survient quelque mauvaise pensée ou J-^ quelque autre sorte de tentation, ne vous troublez point, mais tournez-vous avec confiance d'esprit et de cœur vers Jésus, pour vous humilier devant lui et pour lui demander force, en cette façon :

« Je confesse, ô mon Sauveur, que mes péchés méritent bien que vous permettiez que non seulement je sois travaillé, mais même vaincu et accablé de toutes sortes de tentations. J'avoue que je n'ai aucune force de moi-même pour résister à la moindre, et que, si vous ne me souteniez maintenant et à toute heure, je tomberais dans un enfer effroyable de toutes, sortes de péchés. Hélas! mon Jésus, en quel horrible danger suis-je maintenant ! Je me vois sur le bord de l'enfer, tout proche de la gueule du lion infernal, sur le point de perdre votre grâce, d'être séparé de vous, d'être réduit dans l'esclavage de Satan, et, ce qui est plus terrible que tout, de vous crucifier cruellement et déshonorer infiniment, si je me laisse vaincre à cette tentation. Ah ! mon Seigneur, ne permettez pas cela ; délivrez-moi de ce péril, donnez-moi grâce et force pour faire bon usage de cette tentation, et pour vous glorifier en icelle. Mon Dieu, je renonce de toutes mes forces à l'esprit malin, au péché et à tout ce qui vous déplaît; je vous donne ma volonté : conservez-la s'il vous plaît, et ne permettez pas qu'elle adhère en rien du tout à celle de vos ennemis. Mon Sauveur, je vous conjure, par votre sainte Passion et par toutes vos bontés et miséricordes, que vous m'accordiez cette faveur que je souffre plutôt toutes les ignominies et tous les tourments du monde, voire que je meure plutôt de mille morts, que de vous offenser.

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