‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 2)Chapitre 22 sur 26 · RÉPONSE DB FRANÇOIS A CÉSAR BIROTTBAO · texte numérisé non relu

RÉPONSE DB FRANÇOIS A CÉSAR BIROTTBAO

« Tours, 17 cooraot.

» Mon bien-aimé frère, ta lettre m'a causé la plus vive affliction ; aussi, après l'avoir lue, suis-je allé offrir à Dieu le saint sacrifice de la messe à ton intention, en l'intercédant par le sang que son Fils, notre divin Rédempteur, a répandu pour nous, de jeter sur tes peines un regard miséricordieux. Au moment où j'ai prononcé mon oraison Pro meo fratre Cœsare, j'ai eu les yeux pleins de

m SCÈNES 0B hk^lE P4JtISIBNIiB.

iBitoes 6D pèimnt à loi, *de qpii, pur maUteoTi je sm aêfKiûM lea joars ou tu dds avoir l>esoiii des seoHira de l'emilié finMrmflek Mate f ai songé que le dSgue ^ Y^érable M. i HUermk me rempbcera sans doute. Um cher César, n'oublie pa6, ait Bulira ée is diagrins, que ceUe vie est une vi^ d*^^uves ^de jMsagei^piAnai jour nous serons réconqpensés d*amr eouffert pcw le saiol MU de Dieu, pour sa sainte ÉgUae, pour amr observé lee>nMgimfl| 4e f Évangile et pratiqué la vertu; aotrement, les dioeee de ce jaioaiB u'mmmûi pmnt de sen& Je te redis ces maximes^ «Mliam eMt? bien tu es pieux et bon, parce qu'il peut arriver mit pmicmvmi($tt eemme toi, sont jetées dans les orages du monde et lanoéee W! la mer; périUsuse d^. intérêts bumams, de se permeUre des Vim pliâmes au milieu des adversités, emportées qu'^Ie^ sont par la lem^ Me maudis ni les hommes qui te blesseront, ni Dîeu qui mMa à son gré de Tamertume à ta vie. Ne regarde pas la terre, an e^ mdre^ lève toujours les yeux au ctel : de viennent dee eoasaia* tiona pour les iaibles, là sont les richesses des pauvres. Ut sont terreuit du ricbe..* i ...à

— Mais Birotteau, lui dit sa femme, passe donc cela, et vois sll nous envoie quelque chose.

— Nous la relirons souvent, reprit le marchand en essuyant ses larmes et entr'ouvrant la lettre, d'où tomba un mandat sur le Trésor royal. J'étais bien sûr de lui, pauvre frère, dit Birotteau en saisissant le mandat.

tt ... Je suis allé chez madame de Listomëre, reprit-il en lisant d'une voix entrecoupée par les pleurs, et, sans lui dire le motif de ma demande, je Tai priée de me prêter tout ce dont elle pouvait disposer en ma faveur, afin de grossir le fruit de mes économies. Sa générosité m'a permis de compléter une somme de mille francs; je te l'adresse en un mandat du receveur général de Tours sur le Trésor. »

— La belle avance ! dit Constance en regardant Césanne.

u En retranchant quelques superfluités dans ma vie, je pourrai rendre en trois ans à madame de Listomère les quatre cents francs

CÉSAR BIROTTEAU

qa*elle m'a prêtés, ainsi ne t'en inquiète pas, mon cher César. Je t'envoie tout ce que je possède dans le monde, en souhaitant que cette somme puisse aider à une heureuse conclusion de tes embarras commerciaux, qui sans doute ne seront que momentanés. Je connais ta délicatesse, et veux aller au-devant de tes objections. Ne songe ni à me donner aucun intérêt de cette somme, ni à me la rendre dans un jour de prospérité qui ne tardera pas à se lever pour toi, si Dieu daigne entendre les prières que je lui adresserai journellement. D'après ta dernière reçue il y a deux ans, je te croyais riche, et pensais pouvoir disposer de mes économies en faveiH* des pauvres; mais, maintenant, tout ce que j'ai t'appartient. Quand tu auras surmonté ce grain passager de ta navigation, garde encore cette somme pour ma nièce Césarine, afin que, lors de son établissement, elle puisse remployer à quelque bagatelle qui lui rappelle un vieil oncle dont les mains se lèveront toujours au ciel pour demander à Dieu de répandre ses bénédictions sur elle et sur tous ceux qui lui seront chers. Enfin, mon cher César, songe que je suis un pauvre prêtre qui va à la grâce de Dieu comme les alouettes des champs, marchant dans son sentier, sans bruit, tâchant d'obéir aux commandements de notre divin Sauveur, et à qui conséquemment il faut peu de chose. Ainsi, n*aie pas le moindre scrupule dans la circonstance difficile où tu te trouves, et pense à moi comme à quelqu'un qui t'aime tendrement. Notre excellent abbé Chapeloud, auquel je n'ai point dit ta situation, et qui sait que je t'écris, m'a chargé de te transmettre les plus aimables choses pour toutes les personnes de ta famille et te souhaite la continuation de tes prospérités. Adieu, cher et bien-aimé frère; je fais des vœux pour que, dans les conjonctures où tu te trouves. Dieu te fasse la grâce de te conserver en bonne santé, toi« ta femme et ta fille ; je vous souhaite à tous patience et courage en vos adversités.

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