‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 139 sur 325 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les Mêmes, DON KRÉGOSE, FAUSTINE, AVALOROS, SARPI.

SARPI

Nous arrivons trop tard, la vente est finie...

DON FRÉGOSE

Le roi regrettera d'avoir eu confiance en un charlatan.

FONTAN ARES

Un charlatan, monseigneur! Dans quelques jours, vous pou^^eX me faire trancher la tête; tuez-moi, mais ne me calomniez pa»~s z vous êtes place trop haut pour descendre si bas.

DON FRÉGOSE

Votre audace égale votre malheur. Oubliez-vous que les mag — trats de Barcelone vous regardent comme complice du vol fa»-t à Lothundiaz? La fuite de votre valet prouve le crime, et vous ne devez d'être libre qu'aux prières de madame, (n montre Faastine.

FONTANARfeS.

Mon valet, Excellence, a pu, jadis, commettre des fautes; m-^ûs, depuis qu'il s'est attaché à ma fortune, il a purifié sa vie au feu de mes épreuves. Par mon honneur, il est innocent. Les pierre^^es saisies au moment où il les vendait à Mathieu Magis lui fui — ^nt librement données par Marie Lothundiaz, de qui je les ai refust^Bes.

FAUSTINE

Quelle fierté dans le malheur î rien ne saurait donc le faire fléchir !

Et comment expliquez-vous la résurrection de votre grand-p ^-*e« ce faux intendant de l'arsenal de Venise? Car, par malheur, Madame et moi, nous connaissons le véritable.

FONTAN ARES

J'ai fait prendre ce déguisement à mon valet pour qu'il ca njA\ sciences et mathématiques avec don Ramon. Le seigneur Loti» un" diaz vous dira que le savant de la Catalogne et Quinola se~sot^ parfaitement entendus.

MONIPODIO, à Quinola.

Il ^sst perdu !

DON R AMON

Je m appelle... à ma plume.

FAUST1NE

vous courroucez pas, don Ramon; il est si naturel que les gens* ^ en se sentant tomber dans un abîme, y entraînent tout avec eux!

LOTHUNDIAZ.

Qu. «1 détestable caractère !

FONTAN ARÈS

Nv~ 9nt de mourir, on doit la vérité, madame, à ceux qui nous ont y>us>s^s dans l'abîme, (a don Frfgose.) Monseigneur, le roi m'avait ptotrxïs la protection de ses gens à Barcelone» et je n'y ai trouvé que la haine ! 0 grands de la terre, riches, vous tous qui tenez en vos mains un pouvoir quelconque, pourquoi donc en faites- vous un obstacle à la pensée nouvelle ? Est-ce donc une loi divine qui vous ordonne de bafouer, de honnir ce que vous devez plus tard ado- TO? Plat, humble et flatteur, j'eusse réussi! Vous avez persécuté dans ma personne ce qu'il y a de plus noble en l'homme ! la conscience qu'il a de sa force, la majesté du travail, l'inspiration Sieste qui lui met la main à l'œuvre, et... l'amour, cette foi humaine, qui rallume le courage quand il va s'éteindre sous la bise de la raillerie. Ah! si vous faites mal le bien, en revanche, vous faites toujours très-bien le mal! Je m'arrête... Vous ne valez pas ^a colère.

FAUSTIXE, à part, après avoir fait nu pas.

Oh ! j'allais lui dire que je l'adore.

DON FRÉGOSE

Sarpi, faites avancer des alguazils, et emparez-vous du complic e

<te Quinola. (on applaudit, et quelques voix crient : < Bravo ! * )

THÉÂTRE

Page 1