‹ Œuvres complètes. Éd définitive (volume 3)Chapitre 182 sur 325 · SCÈNE IV Les Mêmes, hors JOSEPH · texte numérisé non relu

SCÈNE IV Les Mêmes, hors JOSEPH

MADAME DU BROCARD

^us connaissez mon neveu. Je ne vous en fais point un reproche... vos parents seuls...

MADAME GIRAUD

*tais, Dieu merci, elle n'en a pas à se faire.

GIRAUD

^ ^st monsieur votre neveu qui est cause qu'on jase sur son COnaPte... mais elle est innocente !

DE VERBV, l'interrompant.

Je le crois... Cependant, s'il nous la fallait coupable?

PAMÉLA

voulez-vous dire, monsieur?

GIRAUD et MADAME GIRAUD.

290 THÉÂTRE

MADAME DU BROCARD, laitissant l'idée de de Verby.

Oui, si, pour sauver la vie d'un pauvre jeune homme...

Il fallait déclarer que M. Jules Rousseau a été la plus grande partie de la nuit du 24 août ici, chez vous?

PAMÉLA

Ah! monsieur!

DE VERBY, à Giraud et à sa femme.

S'il fallait déposer contre votre fille , en affirmant que c'est la vérité ?

MADAME GIRAUD

Je ne dirais jamais ça!

GIRAUD

Outrager mon enfant!... Monsieur, j'ai eu tous les chagrins possibles!... j'ai été tailleur, je me suis vu réduit à rien... à être portier!... mais je suis resté père... Ma fille, notre trésor, c'est te gloire de nos vieux jours, et vous voulez que nous la déshonorions !

MADAME DU BROCARD

Écoutez-moi, monsieur.

GIRAUD

Non, madame... Ma fille, c'est l'espoir de mes cheveux blaii*

PAMÉLA

Mon père, calmez-vous, je vous en prie.

MADAME GIRAUD

Voyons, Giraud ! laisse donc parler monsieur et madame.

C'est une famille éplorée qui vient vous demander de la sauv«

PAMÉLA, à part.

Pauvre Jules!

DE VERBY, bas, à Paméla.

Son sort est entre vos mains.

MADAME GIRAUD

Nous ne sommes pas de mauvaises gens! on sait bien ce (J c'est que des parents, une mère, qui sont dans le désespoir" mais ce que vous demandez est impossible. (Paméla porte un moue*

à ses jeux.)

PAMÉLA GIRAUD. 291

GIRAUD

Allons! voilà qu'elle pleure!

MADAME GIRAUD

Eli 6 n'a fait que ça depuis quelques jours.

GIRAUD

Je connais ma fille ; elle serait capable d'aller dire tout ça malgré nous.

MADAME GIRAUD

Eht oui!... car, voyez-vous, elle l'aime, vot' neveu! et, pour lui sauver la vie..., eh bien, j'en ferais autant à sa place.

MADAME DU BROCARD

Otk ! laissez-vous attendrir!

Cédez à nos prières!...

MADAME DU BROCARD , A Paméla.

S'il est vrai que vous aimiez Jules...

MADAME GIRAUD, amenant Giraud près de Paméla.

Après ça, écoute... Elle l'aime, ce garçon;... bien sûr, il doit l'aimer aussi... Si elle faisait un sacrifice comme ça, ça mériterait bien qu'il l'épouse !

PAMÉLA, vivement.

Jamais, (a part.) Ils ne le voudraient pas, eux!

DE VERBT, à mademoiselle du Brocard.

se consultent !

MADAME DU BROCARD, bas, à de Verby.

M faut absolument faire un sacrifice! Prenez-les par l'intérêt... Cest le seul moyen!

DE VERBY.

^ \enant vous demander un sacrifice aussi grand, nous savions «>mbien il devait mériter notre reconnaissance. La famille de 'u'es* qui aurait pu blâmer vos relations avec lui* veut remplir, au cOntraire, les obligations qu'elle va contracter envers vous.

MADAME GIRAUD

**ein! quand je te disais!

PAMÉLA, très-heureuse.

*l,l^s! il se pourrait?

DE VERBY.

Je suis autorisé à vous faire une promesse.

ÇAMÉLA, émue.

Oh! mon Dieu!

DE VERBY.

Parlez ! Combien voulez-vous pour le sacrifice que vc

PAMÉLA, interdite.

Comment! combien... je veux... pour sauver Jules? lez donc alors que je sois une misérable?

MADAME DU BROCARD

Ah! mademoiselle!

DE VERBY.

Vous vous trompez...

PAMÉLA

C'est vous qui avez fait erreur! Vous êtes venus ici pauvres gens, et vous ne saviez pas ce que vous leur der Vous, madame, qui deviez le savoir, quels que soienl l'éducation, l'honneur d'une femme est son trésor ! ce que familles vous conservez avec tant de soin, tant de resj avez cru qu'ici, dans une mansarde, on le vendrait! et êtes dit : « Offrons de l'or! il nous faut l'honneur d'une {

GIRAUD

C'est très-bien!... je reconnais mon sang.

MADAME DU BROCARD

Ma chère enfant, ne vous offensez pas! l'argent est après tout.

DE VERBY, s'adressant à Giraud.

Sans doute! Et six bonnes mille livres de rente pour.,

PAMÉLA

Pour un mensonge! vous l'aurez à moins... Mais, Dieu sais me respecter! Adieu, monsieur. (Elle fait une profonde

madame du Brocard, puis elle entre dans sa chambre.)

DE VERBY.

Que faire?

MADAME DU BROCARD

C'est incompréhensible !

PAMÉLA GIRAUD

GIRAUD

Je sais bien que six mille livres de rente, c'est un denier... Mais otre fille a l'âme fière, voyez-vous; elle tient de moi...

MADAME GIRAUD

Et elle ne cédera pas.

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