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TABLEAU D'UN INTÉRIEUR DE FAMILLE. U

13ès lors» je trouvai fort gracieuse cette expression d'une \çie enfantine.

Ohé I ohé ! v'ià papa, cria, en ouvrant la porte, un gros joulïlu

de cinq à six ans, qui entra au salon la tête entre les jambes de son père.

^^prés quoi, il faillit me jeter à la renverse, en me gratifiant de la même gentillesse pendant que je présentais mes salutations respectueuses à madame Derville.

Apercevant un monsieur qui paraissait être de la famille, je demandai à Deryille si c'était un parent de sa femme. C'était un ami de la maison, qui voulait bien partager les plaisirs, les peines et parfois le dîner des deux époux.

A peine fus-je assis, que mon ami appela Chariot pour me le faire voir. Chariot, bourrelet en tête, bavette au menton çt tartine en main, accourut gaiement à la voix de son père. D'après l'ordre de me donner la main. Chariot me frappa plusieurs fois la cuisse wec cordialité. Malheureusement, c'était de la main qui tenait la ^**tine, et mon pantalon fut couvert de confitures. J'embrassai ^J^^rlot, alors j'en eus plein le visage.

Oed fait, on appela Fanfan; mais Fanfan et son gros joulïlu d'aîné étaient trop affairés pour répondre : tous deux traînaient ^■^^ espèce de voiture... C'était mon chapeau de sylveslrine que ^^^3 messieurs avaient attelé d'une ficelle. Mon ami me fit admirer cette circonstance combien ses fils étaient ingénieux pour ^^Ur âge. Je tenais mon chapeau en bois de la munificence de l'in- ^^Uteur, je ne répondis rien.

— C'est surtout l'aîné qui est précoce, reprit Derville, c'est un ^ï'ai diable; aussi j'en ferai un militaire, de celui-là.

Oui, j'veux être gendarme, moil cria le gros joufflu. Puis, sans doute pour nous convaincre de son goût décidé pour les armes, cet aimable enfant se mit à faire résonner mon cha- . peau, transformé en tambour, sous les coups redoublés d'une l>aguette et d'une cuiller à pot.

L'arrivée de madame Derville vint mettre un terme à ces exercices belliqueux. Elle avait fait, comme on dit, un bout de toilette, et nous passâmes à table.

Je voulus m'asseoir; mais on avait retiré ma chaise, et, sans

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l'adresse de mon ami, qui me rattrapa en route, j'allais me casser les reins à jeun, grâce à une innocente espièglerie. On en rit beaucoup.

J'étais placé entre Derville et son fils aîné. Madame était entre Fanfan et le monsieur de la maison, lequel se chargeait de im manger M. Chariot. — Oh! admirable dévouement de l'amitié!

Pendant la première demi-heure, j'eus à essuyer des excuses de la part de madame Derville sur le mauvais dîner qu'elle allait me donner; mais elle avait été surprise, son mari n'en faisait jamais d'autres! J'excusai mon ami avec chaleur, pujs je secouai nn culotte ; déjà mon jeune voisin m'avait donné neuf coups de pied.

On parla politique, modes, spectacles. L'ami de la maison prit la parole; il ne pensait pas comme Derville, sa femme n'était jamais de son avis; il fut décidé que mon ami était un exalté.

Un événement vint changer le cours de la conversation. La domestique, qui apportait un superbe poisson nageant dans la sauce, vint pour le placer devant moi.. Malheureusement, mon jeune voisin, voulant savoir avant tout le monde ce que contenait un si grand plat, s'accrocha à l'un des bords pendant qu'il était suspendu sur ma tête, et, en un clin d'oeil, tout mon individu eut l'apparence d'une matelotte.

\ ce coup, grande rumeur. Madame voulait chasser la domestique à cause de sa maladresse; mon ami assurait que cétaii moi qui avais haussé la tête; moi, je dématelottais cette tétecoiipable, tandis que l'ami de la maison nettoyait mon habit.

0 artiste estimable, qui le premier transformâtes un manche de gigot en vase nocturne à l'usage d'un marmouset, que de coups de crayon vous eût fournis l'intéressante famille de mon amî!

Au dessert, le calme sembla renaître : Chariot avait été emportô à la cuisine avec le second service; Fanfan, perché sursahaut»* chaise, y dormait paisiblement; mais cette tranquillité apparent^ était le prélude d'un autre orage.

Pour me donner une nouvelle preuve de l'affection particulier^ qu'il m'avait témoignée jusque-là, mon jeune voisin, trouvant part plus copieuse que la sienne, se mit à pécher dans mon assielt^^ à pleines mains par manière de dhiette. Son père s'en aperçut, ^ lui débita à ce sujet une phrase morale accompagnée d'une cl»*'

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