‹ Œuvres complètes. Éd définitiveChapitre 44 sur 88 · TONY SANS-SOIN · texte numérisé non relu

TONY SANS-SOIN

Madame Gilbert, mère de quatre enfants, était restée veuve à quarante ans. Si son mari ne lui avait pas laissé assez de fortune pour établir ses enfants, elle avait de quoi vivre. L'éducation est 'a fortune des jeunes gens pauvres; aussi madame Gilbert endu- ''ait-elle les plus grandes privations pour pouvoir élever ses trois fils. Elle avait un frère qui aimait tant sa nièce et ses trois neveux, qu'on ne le nommait pas autrement que le meilleur des oncles.

Le dernier enfant de madame Gilbert était âgé de sept ans et s'appelait Tony. Antoinette, jolie fille de douze ans et Talnée des trois autres enfants, avait tenu Tony sur les fonts de baptême, et le meilleur des oncles fut alors son compère. Antoinette, qui semblait comprendre la tâche de sa mère, lui donnait beaucoup de ^tisfaction. Georges et Lucien, les aînés de Tony, placés dans un bon collège, savaient que leur oncle, assez riche commerçant. Payait leur pension : aussi travaillaient-ils bien.

Un jour, le meilleur des oncles trouva sa sœur un peu triste et lui demanda ce qui lui faisait da chagrin. Madame Gilbert n'ayant Aucune raison plausible à donner à son frère, qui passait en revue toutes les peines qui peuvent affliger une mère, l'oncle, quoique Karçon, finit par voir qu'il s'agissait des enfants. Or, conune Antoi- ^ette était sage et que les collégiens avaient de bonnes notes ;

— Serait-ce mon filleul? demanda-t-il. — Sabre-de-bois I Ilî .^'t-il en lui faisant des yeux terribles, je te mettrais mousse sur un

biiUment du commerce.

Tony s'enfuit.

— Qu'a-t-il fait? demanda l'oncle à sa sœur.

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