‹ Œuvres complètes. Éd définitiveChapitre 45 sur 88 · XX. J · texte numérisé non relu

XX. J

CONTES ET NOUVELLES

— Je ne puis me résoudre à dire du mal de mon enfant, dit mère; il se corrigera sans doute en voyant combien il m*attrist^3 D'ailleurs, voilà M. Huber, son maître; interroge-le.

Et la mère s'en alla pour retrouver Tony et l'envoyer à sc»i oncle et au maître par Antoinette, qui Tamena devant sesdecjK p juges.

M. Huber, digne vieillard, qui tenait une petite pension d'enfante, dit alors au meilleur des oncles :

— Monsieur, j*ai bien peur que cet enfant ne fasse jamais son cIeomin. Tantôt il reste la tête nue, monsieur a perdu sa casquette; on le voit sans jarretières, ses bas sont tout crottés sur ses talons. Il passera toute sa vie à chercher de quoi se mettre en route. Quand les autres seront tranquillement à leur place, il accourra tout essoufflé pour voir la sienne prise. 11 emploie son temps à trouver son livre, et, quand il commence à apprendre sa leçon, les autres Tout récitée. 11 trouble la maison pour avoir ses affaires, et mange son déjeuner froid; puis il se précipite à travers la boue et les ruisseaux pour courir après ses camarades, vient trop tard, n*a eu le temps de rien faire, et il est mis en pénitence devant Técole qui rit de lui. Les défauts non réprimés à Técolô deviennent des , vices dans la vie de Thomme. 11 est au piquet quand ses cami- i rades s* amusent, et il prend l'habitude d'être puni, ce qui Teo- | durcit dans son vice. Il s^est laissé surnommer Tony Sans-Soifl. f 11 serait malheureux que ce surnom lui restât.

— C'est grave I répéta l'oncle. Je comprends pourquoi madame ^ Gilbert était triste.

— Il est bon, il n'est pas taquin, il est obligeant, il est bien gentil, dit Antoinette, et il est le plus grondé de nous tous.

Quinze jours après, au retour d'un voyage, le meilleur des oncles, qui était allé sauver une partie de sa fortune compromise par un méchant homme en qui il avait eu trop de confiance, promit à sa nièce et à ses neveux une journée à la campagne sans ' fixer de jour. La veille du jour où l'oncle devait venir chercher si petite famille, Tony, digne de son nom, s'était bien gardé d!aocoupler sa chaussure en se couchant comme font les enfants soigneux, afin de la retrouver le lendemain. Après avoir lancé, pour rire, un soulier par la chambre, il trouva drftle de monter I

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