INTRODUCTION
avater, Gall et autres physiologistes, ont trouvé le secret de iner les affections morales, physiques et intellectuelles des imes, par l'inspection méditée de leur physionomie, de leur larche, de leur crâne. Cette science, st profonde, si utile, si éable, quoique parvenue à un haut degré de perfection, n'est rtant pas encore arrivée au niveau des besoins actuels et des essités de notre civilisation française; elle ne s'adresse aujouruiqu'à certaines classes privilégiées, qu'à certains individus en net de docteur. La crânologie, la physiognomonie, n'ont été lîquées qu'aux illustres assassins, qu'aux célèbres imbéciles, iwx furieux érotiques. Les bosses de la tête, le feu des yeux, battements du cœur ont été analysés; mais on a négligé la catesse* du palais, la capacité et les mouvements de l'estomac, a les hommes ne sont pas assassins, imbéciles ou érotiques, s tous les hommes ont une bouché, un estomac et un ventre. ^ vérité, si évidente, aurait dû déterminer MM. Lavater, GaH à abandonner les spécialités pour généraliser l'application eur science. La bosse frontale, la physionomie, la démarche ""homme qui mange et de celui qui sait manger, sont assuréit des signes généraux que tout homme possède; il suffît de les lier pour en découvrir les différences phénoménales, ^pnis quarante ans, j'observe à table ; c'est donc le résultat de
FSSAÏS ANALYTIQiES.
longues et de pénibles études (pénibles! douloureuses! puisqu'il m'a fallu étudier à table!) que je vais exposer avec la bonne foi qui caractérise un bon vivant.
Principes généraux. Tous les hommes mangent; mais très-peu savent manger. Tous les houimes boivent; mais un plus pciii nombre encore sait boire. Il faut distinguer les hommes qui mangent et boivent pour vivre, d'avec ceux qui vivent poar niangor ei boire. Il y a une infinité de nuances délicates, pro/ondes, admirables entre ces deux extrêmes. Heureux mille fois celui que la nature a destiné à former le dernier aimeau de cette grande chaîne! lui seul est immortel!
Deux numéros de la Silhouette^ ne suffiraient pas à mes développements, si je voulais analyser toutes mes observations; je dirais à qm\ signe extérieur on reconnaît l'homme qui préfi»ru le beaune au tavel, le volney au côte-folie, le filet de chevreuil mariné aux rognons de coq sautés à la bière. Mais je vais restreindre mes démonstrations aux points suivants, qui ne sont encore que les grandes divisions de la science : le glouton, — le mangeur, — le gourmand, — le friand, — le gastronome, — l'ivrogne, — le buveur, — le sommelier, — le dégustateur, — le gourmet.
Boire et manger exigent des qualités différentes, quelquefois opposées; c'est le motif pour lequel j'établis deux catégori îs distinctes. L'homme est trop imparfait pour cumuler des pvîuchaaus aussi nobles. Le mathématicien et le poëte ont une physionomie différente. Il en* est de même des hommes qui brillent dans tous les arts, daiis toutes les sciences. La nature a diversement et avec sagesse ivparti ses dons. L'homme qui réunirait la qualité de gastronome au mèm<i de;?ré qun celle de gourmet, serait un pht*nomène, un monstre dans \j nature. Nous ne nous occuperons donc pa.^> de cet être idéal.
1. Revue dan» laqneUe furent publi(^s quelques-uns de ces Fxsais analytiqws.
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