S26 LES RELIGIONS DE LA CHINE
Éden, paradis, âge d'or, où vous chercher, si vous n'êtes pas en nous-mêmes? Des voix secrètes nous attirent, les unes vers le passé, les autres vers Tavenir; lesquelles faut-il suivre? Nous avons revu notre berceau encore re* tentissant des hymnes des premiers hommes : voulons* nous y rentrer?
Si ce regret était un jour écouté, et si Tàme, en effet, pouvait retournera son point de départ, que son ancienne demeure lui semblerait changée ! Elle foulerait les fleurs d'Éden, et n'y trouverait plus de parfums; elle se reposerait sous les ombrages, et n'y trouverait plus de fraîcheur; elle se pencherait sur les sources, et ne.se reconnaîtrait plus; elle goûterait le fruit de vie, et n'en serait plus rassasiée. Tout lui paraîtrait vide, parce que l'hôte céleste qui autrefois lui servait de compagnon n'y étant plus, le miracle manquerait à chaque chose. Que lui enseigneraient les voix des océans, lorsqu'elle ne serait plus occupée que de ses rumeurs intérieures? le soleil des patriarches ne dissiperait plus sa nuit; sur le sommet des monts, elle appellerait vainement le lever d'un soleil plus puissant. L'amertume, le dégoût rougeur, le désespoir, la saisiraient à la place des félicités espérées. Se chercher elle-même dans les sentiers du paradis, et ne pas se re* trouver^ serait le pire supplice 1 Au milieu de la na,ture muette, elle s'écrierait : Partons d'ici en toute hâtel Non, jamais ces tristes lieux, ces steppes désertes, ces mornes rivages, ne furent l'Éden où m'apparut le Dieu des premiers jours.