‹ Œuvres complètesChapitre 35 sur 67 · DES RELIGIONS DE BARYLONE ET DE PHÉNIGIE · texte numérisé non relu

DES RELIGIONS DE BARYLONE ET DE PHÉNIGIE

tinuellement occupées d'orner, de réparer, broder le pan de la robe de Tcpousée, qui cachait dans la nue son front chaîné de créneaux; en sorte qu'à bien des égards, les arts d'industrie n'étaient qu'une conséquence de son culte. C'est, au reste, dans Babylone, au cœur même de l'Orient, qu'elle puise incessamment ses ardeurs insatiables. De là elle enferme dans son vaste giron toutes les sociétés de l'Asie occidentale; elle leur donne un même esprit ; à la Chaldée elle enlace par sa ceinture la Phénicie, la Pbrygie, la Lydie, le Canaan ; on peut même dire qu'elle les consume dans ses embrassements, jusqu'à ce qu'il n'en reste rien que les noms*.

La divinité ainsi représentée sous son aspect féminin ne pouvait manquer d'émanciper à plusieurs égards la condition des femmes^. Quand partout ailleurs elles filaient obscurément dans le fond des gynécées, elles jouissaient d'une horrible liberté sous le manteau de la déesse. Dans les mêmes lieux où le Mahométisme les a en quelque manière retranchées de la vie civile, Sémiramis, Didon, Stratonice, Athalie, Artémise, Cléopâtre, apparaissent sur leurs trônes comme Timage triomphante de l'éternelle Astarté. Blessées d'un cuisant aiguillon, vous diriez d'un chœur de Ménades royales, qui suivent la course enivrée de la Madone du panthéisme.

C'était aussi ce qui rendait si glissante la pente à l'idolâtrie dans la Judée. Je me persuade que Salomon' et les rois d'Israël, de Samarie, en associant la Vénus orientale à Jéhovah, croyaient achever, consommer en lui la divi-

^ Hemoir o/i tbe rains of Babylon, by Glaudius James Ricb. Mines de rOrt«i/,Tol.IlI,p. 129.

* 'Ex^i^daffc ik «vrai iuxndi, (Herod., lib. 1, 93, 199.) — Lucian. Oper., de Deâ Syriû, t. H, p. 658.

* Et Salomon «livit Astarté. (I HoU, ▼!, 5, 53; lî, xxiii, 15.1

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