DES REUGIONS DE BABYLONE ET DE PHÉNTCIE
pite hors du temple où il étouffe à Tétroit; il parcourt les lieux sauvages; là il forme des chœurs de Corybantes, de Curetés, de Dactyles, qui, de retraites en retraites, cherchent la grande aïeule* des montagnes, éternellement mère, éternellement vierge. Au bruit des sambuques et de la flûte phrygienne, il porte une torche ardente au fond des cavernes pour voir si elle n'y est pas endormie. Partout enivré des émanations de la déesse, il respire d'âpres parfums dans la chevelure des bois sacrés, et croit sentir s'émouvoir sous les fleurs le sein de la Matrone des forêts. 11 s'élève sur les cimes, il descend au fond des gouffres, il appelle : Évohé ! Évohé ! puis, quand le soupir des océans lui répond, à la volupté se inéle le désespoir de ne pouvoir atteindre cet infini décevant. 11 épuise la coupe de l'orgie; sa soif s'accroît encore; il se déchire de ses mains*; son corps garde d'affreux stigmates, et toujours il suit la grande Madone amoureuse, qui toujours se dérobe au bout de l'horizon sur son char attelé de lionnes rugissantes. Il voit la trace des roues sur la rosée brûlante; il s'en approche; il s'obstine, jusqu'à ce que, haletant, éperdu, né sachant plus de quel côté sa. tourner pour embrasser l'amante, il la voie un jour monter dans les cieux épurés de Syrie, sous la figure de la Vierge immaculée du Christianisme; car il fallait qu'il eut visité de sa torche toute l'enceinte de la matière et des corps, avant de consentir sans retour . à chercher sa volupté, par delà l'univers visible, dans un amour plus inssKtiable que l'amour des Ménades.
* Littéralement : la mère mofUagneme, opsiav firixlcoL. (Enseb., Prfep. evang.j lib. H, p. 58.)
* I noh, xvm, 28.