‹ Œuvres complètesChapitre 53 sur 67 · SUITE. — DU DRAME DANS SES RAPPORTS AVEC LES RELIGIONS GRECQUES · texte numérisé non relu

SUITE. — DU DRAME DANS SES RAPPORTS AVEC LES RELIGIONS GRECQUES

Homère a changé les dieux de l'Orient; à leur tour, les

* Voyez plus haut. — Jupiter Olympient Quatremère de Quiney, p. 355,

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poëies lyriques^ dramatiques^ changent les dieux d'Ho* mère. En apparence, le plus païen de tous est Pimlare, puisque adorateur du chant, de la parole mesurée, son idole est la lyre; c'est même là ce qui explique sa popuLa* rite chez un peuple qui comptait ses années par ses jeux. Partout divisée^ la Grèce ne se sentait unie que dans Téclat des jeqx olympiques, pythiens, liiéméens, et le poète qui chantait lies journées était véritablement le pré^ tre de Falliance. En célébrant La fête de Tart, il célébrait la fête pattonale.de la (kèce. Aussi, lorsque ce iiara est prononcé, oubliez tout ce que l'on a pu^ dire de la simplicité nue et rapide de:r<mti<)uité. Dans ce style splendid^, Tor ce mêle à l'ivoire comme dans la statue de Jupiter Olympien, Au. milieu de la pompe d'une cérémonie religieuse et civile, figurez-vous ki Grèce vêtue de la pourpriî de Tyr, c'est l'image de Pindare. A l'é^rd de ses croyances, oe David hellénique annonce l'avènement^ d'un maitre plus puissant que Jupiter; des aneiens dieux de chair il fait des dieux^prits;.il peuple le vieil Olympe de vérités, niorales, de sentiments, d'idées qu'il personnifie au ménle titre quelles anciennes puissances de ia na^ ture. Les hymnes couronnés de myrthe sont les roi» de la ivre; ils ébranlent sur les gonds leurs portes sonores^; rEuthousiasme, la Sagesse,^ la. Loi, ces. divinités nou^ velles sacrées par le potHe, vont s'asseoir au fond du sanctuaire.

Celte révolution est continuée par le drame. Dans Œdipe, le héros est plus savant que le prêtre; il déchiffre par sa seule raison ^ rénigme qui reste impénétrable au

* riiidar,. îstkin.^ vu»

(Sophoc., (MAip., Typ. V, 588.)

^m. LES REU6I0NS GfiËCQUËS.

sacerdoce. ^ Dépouillaiit - de plus en plus les traits de rhomme^, le dieu personnel d'Homère reçoit de vagues attributs métaphysiques. On l'évoque par^ les formules de la philosophie. Quel qu^il soity il. est la came suprême *. D'autres fois, les anciens rites du culte de la nature, le panthéisme oriental*, reparaissent à nu. Le Jupiter d'Eschyle est Tespace éthéré, la terre, le ciel*, et je ne sais quoi de supérieur à tout cela, Ckwpttme les attributs deviennent de moins en moins distincts, il arrive que souvent les divinités sont prises l'une pour Tautre'; cette confusion même est un progrès vers l'unité future. Wonseulem^t les poètes tragiques décomposent les croyances de l'antiquité, mais îlst^nt des pressentiments tout divine, et je ne pui^ m' empêcher de les considérer comme les prophètes païens du Christianisme. D^ns le- drame des Suppliantes, les femmes repoussent le joug du mariage oriental; leur condition est relevée' par le sentiment presque évangéhque de leur dignité intérieure.. C'est l'aube du Chrfêtianisme qui commence à luire dans la profonde nuit d'Ârgos. .Quant à Sophocle, la spiritudlkè croissante de la poésie a déjà passé tout entière dans sa langue. On peut la comparer au dessin le plus j^ûr d'un vase antique. Ce n'est souvent qu'un trait; mais ce trait est la ligne même de la beauté. Il né pourrait être différent sans c^ser. d'être beau; cette pureté incorruptible de l'art vous ferait déjà goûter quelque chose de l'impression préma-

* XdtfA^s OvvjTây rov 0sdv. (JIschyl., Pragm.t p. 696.)

[im., V. 4425. CI". Fragm., p. 568.) = Siov àxTïv«5. (Jlschyl., Pers., v. 477 )

* Zeves ivriv aiOr,p, Zîv^ ^s y^, Z«W5 è'ovpxvoi^ ZiV5 TOC cà Ttavra, x^i "^^ twv$' ûitijorsjoov. •

(iEachjl., Fragm.f p. 600.) » Cf. Lobeck, Àgiaophamas, p. 81.

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