‹ Œuvres complètesChapitre 64 sur 67 · UNITÉ MORALE BBS PEUPLES MODERNES · texte numérisé non relu

UNITÉ MORALE BBS PEUPLES MODERNES

diverses, se relève toujours plus noble et plus sérieuse de chacune de ses épreuves. Ce n'est point sans raison que ceux qui en ont posé la première pierre ia considéraient par avance comme la reine de la France méridionale; elle n'a point menti à ces augustes présages. Son règne paeifiliue s* est accru pendant toute la durée du tooyen âge; die a répandu Tabondance autour d'elle; et son histoire s'est écoulée sans bruit, comme les ondes de ses deux fleuves généreux, qui, images de sa propre destinée, s'unissent dans -son sein et fertilisent leurs rivages, sans jamais les dévorer : règne fondé non sur le sang, mais sur la sueur des hommes I Élevée d'abord sûr sa colline, comme un camp retranché, au milieu du tumulte des armes, il semble qu'après cette éducation elle aurait pu, comme une autre, tenter 1^ carrière de la force et de lai violence. Mais, quoique fille de Rpme, l'exemple de sa mère ne l'a point éblouie, ou plutM, par*son application eoni»tante aux conquêtes pacifiques de l'industrie, elle est entrée dès l'origine dans là voie et dans la destinée des peuples modernes. Terre consacrée par le travail des hommes, les générations s'y sont succédé, et chacune d'allés, en naissant, a retrouvé ce peuple fidèle à son ancienne lâche. On dirait que cette ville s'est proposé, dès son commencement, de fournir le type accompli de l'industrie réglée et transformée par le Christianisme; car, sous l'apparence des intérêts matériels, elle a toujours conservé la tradition des pensées les plus hautes; le commerce s'y est ennobli de bonne heure dans le sang des martyrs. Depuis ce jour, deux principes habitent dans ces murailles : d'une part, l'esprit industrieux du Midi; de l'autre, k spiritualité du Nord; c'est ce double génie qui fait encore aujourd'hui la grandeur et l'originalité de Lyon entre toutes les villes de France.

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Aii.<^si; quelle que soit dans ee pajis la ptiisf^ance àe% intérêts matériels, je n'ai jamais douté qu'il n'y eûi une large place pour les intérêts de la pensée. Dans le rm, qu'est-ce que cette inimitié nativ^ que l'on a «voulu éftabUr de nos jours entra les arts de l'industrie et les arts exdnsivement appelés libéraux, eomi&a si ce litre de uobleMe ne s'appliquait pas également m}i uns et a\ix fiutires? Les anciens ne connaissaient guère œs àrjUIkiellé» diistîiiclions. Pour eux^ le dieu du commerce était aussi» le dieu de l'éloquence; sa première ii|4u£itrie fut d'ÎMTeiiler U lyre. En eflet, les découvertes accomplies dai^s le monde' matériel^ depuis le vaisseau des Argonautes juaqu-'a ki boussole, jusqu'à l'invention de TAmérique^ cea grandes trouvailles de Tesprit dé l'homme sont sorties des même» instincts qui ont produit les découverte.^ dans le mande idéaU On pourrait considérer rindustrie comme un artisle immortel qui, depuis les jours de Triptolènde jusqu'à e^ix de Watt, change, transforme incessamm^t le globe terrestre. C'est un Titan qui façonne de sa nmin tomte^piiis* santé l'argile sacrée sur laquelle il veut imprimer le^cea» et la marque de son intelligence* Il crei^sedea canaux; il change le cours des. fleuves; il fouille le rivaife des mecsw Mais qu'est-ce que tout cela, 3Jnon soupiettre' le mainte visible à l'idéal, et le créer, ^en quelque ^orte, que seconde fois? Défricher les forêts, édifier deseilés, marquer; l'en*ceinte des empires à venir, comme on le iait acyoufd'bm dans l'Amérique du Noird, c'était là autrefois la miâsion des Orphée et des Linus de Tbrace. Remarqué^; en outre, que l'industrie n'est pas plus que l'art son propre butià elle-même. Le naryig;ateur qui traverse les mers pl^ur échanger le produit da ses (travaux a -^ans doute pour but prochain le port où« il doit aborder; mais, par delà ce port, il en découvre un autre avec le n^pos elt .Fimmuable

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TécoïOfeàm âe ses sueurs. Nul ne trayaîlle pour le simple plâMr de traveiHer. 11 y a au fond de toute industrie, de tout effort, de rhofume, une pensée vers laquelle il tend sans cesse. Or ce rivage lointain et radieux^ c'est aussi cdui lïefft lafiid; tendentrartiste, lepoête> le philosophe, en sorte qu'ils se ressen^lent tous par te but; ils ne diffàreut que. par les moyens^ m

; sDe làv les cités lés^ pks industrieuses ent souvent été les plus pdsaioiiiiées pour les arts ; je me contenCeral de citery cb^ lesanctenà, Athènes, Corinthe; chez les modernes, Florence^Vesise; et de nos jours même, oà le poëte par exeelkojce a'estr^il montré? Goethe, au milieu des. banques derFraneibrt; Byron, dans la grande fabrique de VAngl^^ terre; Ikf.^e Chateaubriand, au milieu des arrivages de Saint*-Mftlo ; tout près àe nous, M. de Lamartine, parmi le& presfioirs deila Bourgogne ; et dans Fenceinte même de ces mttrailles,. M. Ballaache, le plus si»ritualiste des écrivains) de nos jours.

: Loindoncide penser que ke arts du eommeroe excluent les arts Ubéraiix, el que toute pande qui tombe sur ce sol laborieux 'soit nécessairement perdue, j'çntre avec oanfiâncedans Joe giand atelier de Tinduistrie française, persuadé que^simcoi enseignement y reste «ans fruit, j'ai du moiûsv pour ma part, beaucoup de obosesà apprendre dausuapaydoù s'agitent tant de faits, tant d'intérêts divers^ tant d'-espéraRcea^ comme aussi tant de profondes douleurs;

Après cette première question s'en présente une seconde. Que viensrje faire ici? Quel espoir, quelle pensée, quelle dœlriiie m'y conduisent? Viens-je tenter, au cœur d^apeovinoes françaises et à rimitation deuoss pères, je ne sais quel fiàdéralisme drnis l'art ou dans la philosophie? Ou bicm, viens«je exalter en toutes choses ^infaillibilité

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