SUR CONDILLAC. XXV
ment*. Condillac lui-même va donner l'exemple de rbypothèse dans celui de ses ouvrages où il a déposé toute sa doctrine sans voile et sans restriction.
£01754 parut le Traité des sensations. Il est fondé, comme je viens de l'indiquer, sur une hypothèse ingénieuse. Une femme d'un esprit supérieurs dont le philosophe cultivait Tamitié, imagina de concert avec lui d'expliquer les idées que nous devons à chaque sens par l'examen attentif d'une statue, douée successivement de chacun : il réalisa heureusement cette supposition. C'est un fait remarquable que Ch. Bonnet, métaphysicien du même temps, ait eu précisément la même pensée, qu'il déclare positivement lui appartenir en propre, bien que le Traite des sen^ salions eût été publié avant V Essai sur les facultés de rdme. Une rencontre aussi étrange ne s^explique pas facilement, surtout quand rien ne peut faire soupçonner de mauvaise foi ceux qui revendiquent la même découverte.
Jamais l'analise n'avait été employée avec autant de discernement et de justesse. Une sage lenteur ne permet point à Condillac de quitter la route oîi il s'est une fois engagé. Mettez -vous, comme il le recommande, à la place de la statue qu'il observe; identifiez-vous, s'il est possible, avec elle, et tout sera clair et facile à comprendre. Mais dès que vous aurez consenti à le suivre, ne songez pas à reculer, il ne sera
» Ceci ne contredit pas ce que j*ai déjà dit sur la méthode. Je n'en parlais encore que comme du moyen d'arriver à d'incontestables vérités.
» M"« Ferrand.