‹ Œuvres ComplètesChapitre 14 sur 57 · SUR CONDILLAC. XXXV · texte numérisé non relu

SUR CONDILLAC. XXXV

que le toucher seul procure, fait voir que les animaux, noti-seulement éprouvent des sensations, mais acquièrent des idées, comparent, jugeht, et se souviennent. Ce n*ést pas assez ; il rechei^che comment on peut faire un système de leut^ facultés. Guidés par les mêmes besoins, les animaux d'une même espèce s'arrêtent au même degré de développement; c'est à leurs besoins qu'ils doivent les sensations, les idées iùdi vidueltes , même quelques idées générales (qu'il confond encore ici av«c les idées absiraitès)^ l'exercice de la mémoire y de V attention y de Yimagination^ Aujaigement; et c'est la liaison des idées qui rend possible cet exercice. Si leur réflexion agit peu, ' et d'une nianière imparfaite, c'est que leurs besoin^ ne (Provoquent <^ue faiblement l'action d^ cette faculté. Leurs opérations sont uniformes, parce que leurs besoins ne changent pas, ne diminuent pa^, i^'augmëntent pas. Ils ont un mt7^ d'habitude, qu'on peut aj)- ' peler instùtct; ils planquent de ce/wo?de ï^fl'eiion, que nous appelons tûison.

Enfin, Condillac attribue aux bêtes la volonté ^ mais ilne volonté bornée aussi paf leurs besoins , et il leur refuse toute liberté ^ parce qu'à peu près sans réflexion, elles sont esclaves de leurs habitudes. Il montre aussi que les connaissances morales leur sont absolument étrangères.

Je ne sais si les philosophes sont à leur aise iquand ils parlent des animaux, de leurs idées et de leurs facultés; mais je confesse naïvement que cette ques- ! tion me paraît couverte de ténèbres. Je conçois la noble indignation de ceux qui repoussent toute comparaison

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