‹ Œuvres ComplètesChapitre 28 sur 57 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Affirmer. Nier. Juger. Raisoniter. Concevoir. L'ËBifiadement.

§ 69. Quand nous comparons, nos idées , la conscience que nous en avons nous les &it connaître comme étant les mêmes par les endroits que nous les considérons , ce que nous manifestons en liant ces idées par le mot est-ce qui s*ap-

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pelle affirmer : ou bien elle nous les fait cc^naître comme n'étant pas les mêmes, ce que nous manifestons en les séparant par ces mots, ri^ est pas y ce qui s'appelle nier. Cette double opération est ce qu'on nomme juger. Il est évident qu'elle est une suite des autres.

§ 70. De l'opération de juger naît celle de rai^ sonner. Le raisonnement n'est qu'un enchaînement de jugemens qui dépendent les uns des autres* Ces dernières opérations ^ont celles sur lesquelles il est le moins nécessiaire de s'étendi*e. Ce que les logiciens en ont dît dans bien des volumes me parait entièrement superflu et de nul usage. Je me bornerai à rendre raisoti d'une expérience.

§ 71. On demande comment on peut, dans la conversation, développer, souvent sans hésiter, des raisonnemens' fort étendus. Toutes- les parties en sont^elles présentes dans le même instant ? et si elles ne le sont pas , ( comme il est vraisemblable , puisque l'esprit qst trop borné pbur saisir tout à la fois un gj^and nombre* d'idées* ) par qujçl hasard se condmt-il avec ordre ? Cela s'explique aisément par ce qui a déjà été exposé.

Au moment qu'un homme se propose de faire un raisonnement, l'attention qu'il donne à la proposition qu'il veut prouver , lui fait apercevoir successivement les propositions principales , qui sont le résultat des différentes parties du raisonnement qu'il va faire. Si elles sont fortement liées^

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il les parcourt si rapidement , qu'il peut s'imaginer les voir toutes ensemble. Ces propositions saisies , il ^considère celle qui doit être exposée la première. Par ce moyen les idées propres à la mettre dans son jour, se réveillent en lui selon l'ordre de la liaison qui est entre elles. De-là il passe à la seconde , pour répéter la même opération, et ainsi de suite, jusqu'à la conclusion de son raisonnement. Son esprit n'en embrasse donc pas en même |jemps toutes les parties ; mais, par la liaison qui est entre elles , il les parcourt avec assez de,rapidité pour devancer toujours la parole, à peu ^ès comme l'œil de quelqu'un qui lit haut devance la prononciation.

Peut-être demandera- 1- on comment on peut apercevoir les résultats d'un raisonnement, sans en avoir saisi les différentes parties dans tout leur détail. Je réponds que cela n'arrive que quand nous parlons sur des matières qui nous sont familières , ou qui ne sont pas loin de l'être ,, par le . rapport qu'elles ont à celles que nous connaissons davantage. Voilà le seul cas où le phénomène que je propose peut être remarqué. Dans tout autre , l'on parle en hésitant, ce qui provient de ce que les idées étant liées trop faiblement , se réveillent avec lenteur : ou l'on parle sans suite , ,et c'est un effet de l'ignorance.

§ 7a. Quand , par l'exercice des .opérations précédentes , ou du moins de quelques-unes , on

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et ne pas diviser assez. Afin même d'achever de mettre omette matière dans tout son Ijour, il faut encore passer à de nouvelles analises.

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