‹ Œuvres ComplètesChapitre 3 sur 57 · SCR CONDILLAC. IX · texte numérisé non relu

SCR CONDILLAC. IX

ractère de ses études environna de plus de respect que d'éclat.

Dans sa jeunesse, il se lia avec Diderot et Duclos, mais on devine qu'il s'accommodait mieux de la réserve du dernier que des saillies impétueuses de l'autre. Il connut aussi J.-J. Rousseau, et cette liaison, formée en 174^9 nourrie plutôt qu'affaiblie par l'absence, et honorée par des services mutuels, subsista long- temps. Rousseau le fit même dépositaire d'un de ses manuscrits, oii se trouvaient les dialogues intitulés : Rousseau juge de Jean-Jacques.

Son esprit grave, sans être austère, se révéla de bonne heure par le choix de ses travaux. U Essai sur r entendement humain j par Locke, publié vers la fin du dix-septième siècle, devint son livre favori. Quand il l'eut bien médité, il voulut s'essayer dans la même carrière; et, en 1746, à l'âge de trente^un ans, il fit paraître son Essai sur V origine des connaissances humaines.

Ce premier ouvrage annonçait un homme supérieur, qui ne se bornerait pas à expliquer une doctrine, mais qui saurait ou suivre ou abandonner k propos le maître qu'il avait choisi. Il conserve tout le fond du système de Locke, mais il ose le contredire sur des points importans, et celte contradiction, sou*" vent heureuse, montre déjà que le successeur du philosophe anglais pourra devenir son rival. Cependant nous devrions adresser à Condillac un reproche, s'il fallait être sévère pour un premier ouvrage et pour les illusions d'un talent qui a la conscience de luimême. Ifous dirions qu'il ne proclame pas toujours

Page 1