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avec assez de frunchise ce quil doit à son modèle, et qu'il prend quelquefois pour le critiquer un ton de légèreté qui n'empêche pas de reconnaître les nombreux et légitimes emprunts faits sans scrupule k sa métaphysique.
Locke n'avait admis que deux sources d'idées, la sensaiion et la réflexion. Il faisait venir les idées simples de la première; et la réflexion, selon lui, démêle les idées complexes suggérées par les opérations de l'âme à l'occasion des sensations. Ce système l'avait conduit à combattre celui des idées innées ou inhérentes à la nature même de Vébne. Il y emploie tout son premier livre, et épuise la plupart des argumens que ce sujet peut fournir. Cependant ses disciples ne crurent pas qu'il eût assez fait. Ch. Bonnet , métaphysicien profond et subtil, attaqua aussi les idées innées, et les rejeta même avec mépris. Condillac né fut pas moins fidèle à cette doctrine dans son Origine des connaissances humaines. Il montre à son tour les idées simples, introduites par le moyen des sens, et l'Ame faisant agir par \e secours de la réflexion toutes les facultés qui sont en elle. « C'est à « la réflexion, dit-il, que nous commençons à entre- <c voir* tout ce dont l'âme est capable. Tant qu'on ne (c dirige point son attention, l'âme est assujettie à « tout ce qui l'environne; mais alors elle tire d'elle < des idées qu'elle ne doit qu'à elle, et s'enrichît de «r son propre fonds. »
Cette (acuité donne des leçons à l'imagination et à la mémoire, qui d'abord ont reproduit machinalement l'impression extérieure des objets. La distinc-