‹ Œuvres ComplètesChapitre 8 sur 57 · XX NOTICE · texte numérisé non relu

XX NOTICE

peine créé , n'aura pu subsister un moment sans la parole '.

Ces motifs philosophiques suffiraient seuls pour montrer où Ton doit chercher l'origine du langage, quand la religion ne nous enseignerait pas ce que proclame la raison. Condillac néanmoins a reconnu avec respect cette autorité, mais il a cru devoir chercher comment les hommes auraient im^enté le langage. Cet aveu change la question. Condillac se jette dpnc dans la route de l'hypothèse, qu'il condamnera si constanunent dans ses écrits. Il va donc s'égarer en des suppositions gratuites, et nous ne Tadmire* rons de nouveau , que lorsqu'arrivé au langage imparfait dont nous supposons doués les premiers hommes, il n'appuiera plus que sur des observations ses ingénieuses conjectures.

Il nous retrace avec précision Thistolre du langage mixte, composé à la fois de gestes et de sons articulés, qui dut are d'abord l'expression de la pensée. Nous voyons la danse , la musique, la parole, alliées entre elles aux premiers jours du monde, et concourant ' également a|i même but. Les langues fortement ac« centuées des anciens., leur déclamation toute musicale, s'expliquent facilement par le» premières inflexions q]ue dut prendre la voix. Il était naturel qu'à

' Ce n'est pas que la parole soit innée dans l'individu, on peut supposer qu'il y eut des muets dès les premières années de la création ; mais elle est innée dans la société dont elle est le lien commun. C'est M. de Bonald qui a remarqué le premier cette yériié (tome vu de ses Œuvres, page 19).

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