‹ Œuvres complètesChapitre 448 sur 594 · SCÈNE VIL - THÉSÉE, PHÈDRE, THÉRAMÈNE, PANOPE, Gardes · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL - THÉSÉE, PHÈDRE, THÉRAMÈNE, PANOPE, Gardes

THÉSÉE

Hé bien I vous triomphez , et mon fils est sans vie I

Ah ! que j'ai lieu de craindre ! et qu'un cruel soupçon ,

L'excusant dans mon cœur , m' alarme avec raison !

Mais , madame , il est mort , prenez votre victime ;

Jouissez de sa perte injuste ou légitime :

Je consens que mes yeux soient toujours abusés.

Je le crois criminel, puisque vous l'accusez.

Son trépas à mes pleurs offre assez de matières

Sans que j'aille chercher d'odieuses lumières ,

Qui, ne pouvant le rendre à ma juste douleur,

Peut-être ne feroient qu'accroître mon malheur.

Laissez-moi , loin de vous , et loin de ce rivage ,

De mon fils déchiré fuir la sanglante image.

Confus , persécuté d'un mortel souvenir ,

De l'univers entier je voudrois me bannir.

Tout semble s'élever contre mon injustice;

L'éclat de mon nom même augmente mon supplice :

Moins connu des mortels, je me cacherois mieux.

Je hais jusques aux soins dont m'honorent les dieux ;

Et je m'en vais pleurer leurs faveurs meurtrières ,

Sans plus les fatiguer d'inutiles prières.

Quoi qu'ils fissent pour moi , leur funeste bonté

Ne me sauroit payer de ce qu'ils m'ont ôté.

PHÈDRE

Non, Thésée, il faut rompre un injuste silence; Il faut à votre fils rendre son innocence : Il n'étoit point coupable.

THÉSÉE

Ah! père infortuné!

Et c'est sur votre foi que je l'ai condamné ! Cruelle! pensez-vous être assez excusée....

PHÈDRE

Les momeas me sont chers ; écoutez- moi , Thésée :

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