SCÈNE II. — JOAD, JOSABETH
JOAD
Les temps sont accomplis, princesse : il faut parler, Et votre heureux larcin ne se peut plus celer. Des ennemis de Dieu la coupable insolence. Abusant contre lui de ce profond silence. Accuse trop longtemps ses promesses d'erreur Que dis-je? Le succès animant leur fureur, Jusque sur notre autel voire injuste marâtre Veut offrir à Baal un encens idolâtre.
Montrons ce jeune roi que vos mains ont sauvé, Sous l'aile du Seigneur dans le temple élevé. De nos princes hébreux il aura le courage, Et déjà son esprit a devancé son âge.
Avant que son destin s'explique par ma voix. Je vais l'offrir au Dieu par qui régnent les rois : Aussitôt assemblant nos lévites, nos prêtres, Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres.
JOSABETH
Sait-il déjà son nom et son noble destin?
JOAD
Il ne répond encor qu'au nom d'Éliacin,
Et se croit quelque enfant rejeté par sa mère ,
A qui j'ai par pitié daigné servir de père.
JOSABETH
Hélas I de quel péril je l'avois su tirer!
4 . La troisième heure répond , suivant notre manière de compter le temps, à neuf heures du malin.