‹ Œuvres complètesChapitre 75 sur 594 · ACTE IV, SCÈïra: I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈïra: I

Et s'il te faut chercher, ce rfest qu'entre les morts. Hélas ! en me quittant , ton ardeur redoublée Sembloit prévoir les maux dont je suis accablée , Lorsque tes yeux aux miens découvrant ta langueur, Me demandoient quel rang tu tenois dans mon cœur ; Que , sans t'inquiéter du succès de tes armes , Le soin de ton amour te causoit tant d'alarmes. Et pourquoi te cachois-je avec tant de détours Un secret si fatal au repos de tes jours? Combien de fois , tes yeux forçant ma résistance , Mon cœur s*est-il vu près de rompre le silence! Combien de fois, sensible à tes ardens désirs, Mest-il, en ta présence, échappé des soupirs I Mais je voulois encor douter de ta victoire ; Texpliquois mes soupirs en faveur de- la gloire ; Je croyois n'aimer qu'elle. Ah ! pardonne, grand roi, Je sens bien aujourd'hui que je n'aimois que toi. J'avouerai que la gloire eut sur moi quelque empire;

Je te l'ai dit cent fois. Hais je devois te dire

Que toi seul, en effet, m'engageas sous ses lois.

rappris à la connoître en voyant tes exploits ;

Et de quelque beau feu qu'elle m'eût enflammée»

la un autre que toi je l'aurois moins aimée.

Vas que sert de pousser des soupirs superflus

Od se perdent en l'air et que tu n'entends plus?

B est temps que mon âme , au tombeau descendue ,

Te jure une amitié si longtemps attendue ;

n est temps que mon cœur, pour gage de sa for,

Montre qu'il n'a pu vivre un moment après toi.

Aussi bien, penses-tu que je voulusse vivre

Sous les lois d'un vainqueur à qui ta mort nous livre?

h sais qu'il se dispose à me venir parler ; l Oo'en me rendant mon sceptre il veut me consoler. Ifl croit peut-être , il croit que ma haine étouffée li sa fausse douceur servira de trophée !

Vil vienne. Il me verra, toujours digne de toi, " ttrir en reine , ainsi que tu mourus en roi.

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