‹ Œuvres complètesChapitre 36 sur 39 · L.e 17 mars, un fait · texte numérisé non relu

L.e 17 mars, un fait

Le 16 avril, un fait;

Le 15 mai, un fait;

Le suffrage universel, un fait;

Les ateliers nationaux, un fait;

L'insurrection de juin, un autre fait.

LE CITOYEN DUPIN (DE LA NIÈVRE). Un Crime!

LE CTOYEN PROUDHON. Tous ces faite se lient entre eux, se légitiment dans l'histoire (Allons donci), et au point de vue de la Providence.

Tout cela, au point de vue du droit, de la légalité, est incohérent, contradictoire, sans principe : il ne s'y trouve que de la force.

Nous pouvons aujourd'hui, si cela nous plaît, restreindre le suffrage universel, faire une constitution monarchique, aristo* cratique ou démocratique; garantir le droit au travail ou l'éliminer; étahlir deux chambres, un président, etc., etc. Aucun principe avoué ou tacite, religieux ou politique (Réclamations. — Écoutez! écoutez ! ) ne nous guide, pas même la propriété. Que nous reste-t-il donc, en attendant la constitution que nous allons faire, que nous reste-t-il pour asseoir notre autorité î Je le répète, la force.

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Partout où se trouve la force, et jusqu'à ce qu'un principe,! une constitution authentique, la vienne régler, là se trouve» l'autorité, la légitimité.

Je conçois que Tbabitude du gouvernement et l'illusion parlementaire fassent croire à quelques-uns que vous seuls, ci toyens représentants, soyez Tautorité légitime. Mais, pour qui considère avant tout les principes, je maintiens que votre auto« rite ne vaut qu'autant qu'elle n'est pas contestée et que vous êtes les plus forts. (C'est abominable ! )

Voulez-vous faire silence un instant! il me semble que vous devez être pressés d'en finir. (Oui I — Allez ! allez ! )

Je continue.

Certes, je ne voudrais pas que l'exemple que j'ai donné fût suivi, et c'est parce que je ne le veux pas que j'ai dû, citoyens, en expliquant ma conduite, vous mettre sur vos gardes. Hàtezvous de produire votre droit public; mais ne parlez point ici de factieux; les factieux sont ceux qui, n'ayant d'autre droit que la force, refusent de le reconnaître chez les autres. Les factieux sont ceux qui abusent, pour leurs vengeances, de cette force qui leur a été confiée pour le salut de tous.

Je finis.

Citoyens représentants , ma proposition est condamnée d'avance ; elle ne prévaudra pas sur les tristes sophismes du comité des finances.

Un membre. De la Chambre entière.

LE CITOYEN PROUDHON. Il y a pour Cela deux raisons capitales : Tune est son origine ; cette proposition vient de moi, de celui qui a défini la propriété (Exclamations et rires); l'autre est son but, le droit au travail, l'émancipation du prolétariat. Ma proposition tendrait à faire vivre l'ouvrier en travaillant ; les malthusiens ont décidé qu'il périrait en combattant.

Et pourtant, citoyens, vous êtes dans une situation telle, que vous ne pouvez échapper à la mort que par ma proposition. (Bruyante hilarité.)

LE CITOYEN TASCHEREAU. A Charenton I

LE CITOYEN PROUDHON. Il s'agit, VOUS le savez aussi bien que moi, du crédit, de la circulation, du travail, de ce retour à la confiance, dont vous parlent sans cesse des^ économistes imntiîssants. dbyGoog

PRONONCÉ A l'assemblée NATIONALE 30i

Eh bien ! la confiance ne renaîtra pas ; il est impossible qu'elle enaisse jamais ; je vais vous dire pourquoi (Bruit.) Ne m'inerrompezpas.

LE CITOYEN PRÉSIDENT. Ne VOUS interrompez pas vous-même; c'est bien assez des interruptions que vous provoquez.

LE CITOYEN PROUDHON. Monsieur le président^ vous devez être impartial.

De toutes parts. Continuez I continuez!

LE CITOYEN PROUDHON. Le crédit, dans le système des idées qui vous dominent, c'est la confiance, c'est-à-dire la sécurité du capitaliste. Or je dis que, pair la révolution de Février, cette sécurité est perdue et sans retour.

Plusieurs voix. C'est vrai ; ce sont vos doctrines qui ont fait tout le mal.

LE CITOYEN PROUDHON. H y. a vingt ans que ces doctrines sont faites.

En vain vous dites au capital : Viens, viens, nous voulons faire une république honnête ; nous te payerons de gros intérêts; nous te protégerons contre les entreprises des travailleurs, contre la critique des socialistes.

Le capital ne vous écoute pas ; il fuit, il se cache, à ces mots de travailleurs et de socialistes (C'est très-vrai) ; il s'épouvante de plus en plus.

Le capital sait ce qu'est la révolution de Février : il ne se

.risquera point, sous une politique obligée chaque jour de faire

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