‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 108 sur 293 · Ces préceptes sont reproduits par GoliimeUe, XII · texte numérisé non relu

Ces préceptes sont reproduits par GoliimeUe, XII

DE XENOPHOX. 193

nesnager le bien, et se promener. Je luy dis lossi que beluter^ parfois, pestrir, et secouer les Abillemens de lits^, et les ranger, c'estoit un xercice bon et sain -, et que s'exerceant ainsi , De en mangeroit de meilleur appétit , et avecnés beaucoup plus de plaisir, et en seroit plus line, et auroit le teint naifvement plus beau l plus frais, qui seroit vrayement tel, et le mbleroit estre. De vray, quant kla grâce, elle rtrive contre la besongne qu'elle fait^, pour itre son visage mieux net , et son habillement lus honneste que pour la peine qu'elle prend; lais il me semble que cela donne je ne sçay

1. Aujourd'hui bluter : c'est passer la farine avec le bluér (umis) ; le terme grec signifie plus exactement la mUler.

1 Les babUlements el les couvertures de lits , faut-il Mitre, pour rendre tous les mots du texte. I. Cela veut dire que lagrOce de la femme est rehaussée pir la peine qu'elle se donne et qui lui ajoute un charme de phu; que Tardeur au travail communique à sa beauté une iNicité nouvelle, d'autant qu'il y a entre son teint, sa teiM,et les occupations auxquelles elle se livre, un contraste muni. — Estriver, lutter contre, de estri(, débat, quenUe (de là étrivièresy^ eslrivee, autrefois, prix d'une lutte, 4'u exercice : racine , «(repère, suivant les uns; extero, Mivi^suivant les autres; peut-être aussi l'étymologie estiktadesque; en allem., streilen^ combattre. Ce mot 83 lOMODtre souvent dans le Roman de la Rose :

Ceux qui telles sentences suivent, Contre Dieu malement estriuent,,, etc.

^rot l'emploie dans sa traduction des Psaumes : O Dieu, »'écric-t-il ,

Avec ton serviteur rCestri\>e !

LaBoëtie. 9

quelle plus vive beauté, mesmes quand cel encores qu'il se cognoist qu'elle travaille ralement, et pour son plaisir, et non ps contrainte ^ Mais au contraire celles Ik qu: nent gravité , estans tousjours en chaise cores qu'elles fussent belles , donnent oc< de se faire compter entre celles qui se ] oultre le naturel, et qui usent des tromper fard. Et maintenant, dit il, ô Socrates, a toy que ma femme mise k ce ply tient la de vivre que je luy enseignay lors , et qu conte k ceste heure. Lors je prins la paro luy dis : 0 Ischomache, il m'est advis qu

1. Toute cette phrase est embarrassée; et le sei cile à saisir dans Toriginal, n'a pas été fidèlemeol duit par La Boëtie. Il faut traduire : La beaut maîtresse n'a ainsi aucune comparaison à redo celle des servantes ; par un caractère plus pur noble, joint à l'avantage d'une tenue plus digne, veille sans cesse l'amour du mari, surtout à eau charme qui lui est propre : on voit que si la fen utile, c'est de son plein gré, en vue de plaire, et no que la nécessité la contraint de servir. Littéraleme extérieur, lorsqu'il est en lutte avec celui de la ser a pour l'époux un vif attrait qui l'attire , etc. Iscbomaque fait entendre avec réserve à sa femme épouse, si précieuse pour son mari , demeurera t en possession de son cœur; qu'aucune des esclaT maison ne l'y remplacera jamais: V. les notes de Set p. 72 de son édit.

2. C'est ici qu'au rapport de Servius , Cicéi dans sa traduction avait divisé les OEconomiques nophon en trois livres, commençait le second, c sont exposés les devoirs dont le père de fami s'acquitter au dehors. V. Serv., Georg., I, not. adi

huy* j'ay assez bien entendu pour la première fois le debvoir de ta femme et ce qu'elle fait ; et pour certain , ainsi que vous en avez usé tous leux, il y a de quoy vous en louer grandement ii l'un et l'autre. Mais toy comment fais tu de m costé, dis le moy k ceste heure, k fin que l'un coup tu sentes quelque plaisir de m'avoir Mité ce que tu fais , qui te tient en si bonne réputation , et que j'aye de quoy t'estre grandenent redebvable toute ma vie , pour avoir ouy de toy, et possible apprins, au moins si je puis entièrement, tout le fait de ce bel et bon hmmne que je cerche tant. En bonne foy, dit bchomache, je te diray, et tresvolontiers, ce que i'ay fait, et que je fais tousjours, et comment |e passe mon temps, mesmement k fin que tu se rhabilles^, s' il te semble que je face quelque dose qui ne soit pas bien. Et comment, dis je, foorroit on, sans faillir lourdement, mettre la win k rhabiller un personnage accomply et entièrement bel et bon; mesmes moy, qui, selon pkisieurs', nesçay faire autre chose que ba- KUer, et mesurer l'air, et compter les estoilles , et qui suis encores appelle pauvre , qui est a

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