Dès à présent
% Corriges, réformes....
3. AUusion aux Nuées d'Aristophane , où le poëtc monliiit Socrate perché dans un panier, au milieu des nuées, et Ifli faisait débiter les sophismes les plus ridicules^ le philosophe Tenait d'assister à la représentation de cette pièce qui fut jouée 422 ans avant Jésus «Christ. Cf. Platon, Àfologie de Socrale, vers le commencement.
IQij LA MESMAGERie
mon advis, la plus lourde injure*, et le plus sot reproche qu'on me face. Et pour vray jemc lusse tormenté de tel oultrage qu'on me disoil, si je n'eusse rencontré de fortune naguieresMe cheval deNicie l'estranger^, et veu comment un
1. Ce mot est pris dans Tancien sens de lours, Umri, hurt, stupide, insensé : avoir du poil de lourt, c'était joter le rôle d'un sot (Xop§6;] : de là lourdaud. On a Yuplis haut que Socrate prétendait n'être nullement pauvre; et son ton, il ne faut pas Toublier, est toujours irontgtie.
2. Par hasard , tout dernièrement.... Sur ce mot Mguieres, qui s'écrivait autrefois en trois pièces : n'a gviim (il n'y a guère de temps), et que les Italiens ont anui, romme le remarque Bembo , emprunté aux Provençau, on peut voir une discussion curieuse de H. Estienae dans sa Precellence , p. 260 et 261. Suivant M. Ampèfe (v. p. 276 de son ouv. cité), la racine serait le mot ger* manique gar (beaucoup, extrêmement). Quant à M^ nage, il a été bien mal inspiré, le jour où il l'a fait dériver dp avarus.
3. Le grec porte en effet Nixîou toO è7rr,Xuxou. La Boëtie a entendu comme le traducteur latin Leunclavius. Mais qoel serait ce ?(icias, cet étranger? Peu satisfaits de ce sens, plusieurs ont traduit : de Nicias nouvellemenl de retour^j et la racine du mot èirifiXuTo; ne repousse pas cette acception. On a supposé qu'il y ava it là une allusion maligne i un voyage récent de Nicias, rival d'Alcibiade aimé de S»rrate. Il voulait, contre l'opinion de celui-ci, ouvrir avec les Lacédémoniens des négociations de paix, au lieu de le» contraindre par la guerre à subir les volontés d'Athènes: dans ce but il s'était rendu à Sparte \ mais bientôt 11 était revenu, sans avoir pu rien conclure. De là un trait de satire contre l'ennemi politique de son ancien disciple, dont Socrate approuvait sans doute les vues. La timUlHi, la lenteur imputée au mattre, peut-être son air emiMr' rassé , seraient ainsi plaisamment relevés par un piqnani /Contraste avec l'ardeur généreuse , avec la belle mine en
grand nombre de gens alloit après pour le regarder. J'ouy lors plusieurs qui faîsoient grand compte de ce cheval -, moy doneques en oyant tant parler, m'âpprochant del'escuyer qui le mei- Doit, luy demanday si ce cheval estoit riche. Et luy adoncques me regardant ferme , comme i'il eust cogneu k ma demande que je n'avois pas d'entendement, me respondit : Et comment leroit riche un cheval? Ainsi je me tiray de 'autre part% ayant entendu par Ik qu'il n'est m défendu à un cheval pauvre d'estre bon, i de sa nature il a bon cœur ^ Puis doneques, pi'il n'est pas non plus défendu d'estre homme le bien, dis moy ce que tu fais, k fin que je n'efforce de l'apprendre , te l'oyant dire , tant pe je pourray, et que des le jour mesme de de- Bam grand matin, je commence de t'imiter. ir pour certain , dis je , bonne est la journée, [ii'on commence k bien faire ^. Jevoy bien, dit
levai. — Observons toutefois que Schneider s'élève contre eue explication généralement admise :v. p. 74 de son édit.
1. C'est-à-dire, je changeai de sentiment, en d'autres ermeSy je cessai d'être abattu. Il y a dans le grec, àv£> ^: Je repris courage Je relevai la tète.
1 On peut rapprocher de cette pensée un énergique ffoverfoe, fort en faveur chez nos pères a Nul n'est vilain, i le coeur ne luy meurt» (H. Estienne, PrecelL, p. 63); nue de ces maximes morales, d'un sens exquis, comme isiit un vieil auteur d'un Essay sur les proverbes (v. à la tàU du grand dict. franç.-latin déjà cité), qui ont touurs eu cours en France, dans la bouche du peuple. 3. Par cette forme proverbiale, La Boëtie a rendu la însée, plutôt que les mots de l'auteur grec : La journée
Ischomache, que tu te joues : mais toutesfois si te conterayje en quoy faisant ordinairement, le mieux que je puis j'essaye de passer ma vie. Premièrement je pense avoir apprins par expérience que les dieux n'ont pas permis am hommes de vivre k leur ayse , s'ils n'entendeà ce qu'il leur faut faire , et s'ils ne se souciait ] que cela soit fait -, et encores aux sages et seigneurs, aux uns ils donnent le bon heur ^ delà vie, aux autres non. Voylkpour quoy la première chose que je fais c'est d'honorer et senrir les dieux, et mettre peine en les priant qu'ik me donnent la grâce d'estre sain de ma pe^ sonne et vigoreux , honoré en ma ville, bie» voulu^de ceux demacognoissance, d'eschapper honnestement du danger de la guerre , et d^enrichir' de bon acquest. Comment, dis je low, ô Ischomache , as tu encores pensement de de-
de demain est bonne, a-t-il dit, pour commencer k pratiquer la vertu ; en d'autres termes : Il ne faut jami» ajourner Taccomplissement d'une bonne résolution.
1. Délk malheur existait; mais on n'écriyait pas encore d'un seul mot bonheur; l'épithète bon, dont heur était pié* cédé souvent, ne devait que plus tard en être inséparablAi Au temps de Corneille, heur avait conservé sa signiOcttion primitive, et ce vieux mot dont la racine, distincte tfe celle d'heure, est dit-on provençale {aur, bon augure), survit encore dans notre proverbe : 11 n'y a qn^keur cl malheur»
2. C'est-à-dire : vu, accueilli avec benevolenee, eomme on disait alors, avec bienveillance.
3. La forme réfléchie était dès lors, pour exprimer ce sens, la plus usitée dans ce verbe.
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venir plus riche, et en recouvrant plus de biens recouvrer plus d'affaires, si tu en veux avoir le soing? Mais bien k bon escient ay je ce penseiBeflt que tu dis : car de ma part je prens bien {raod plaisir , ô Socrates , d'honorer les dieux iomptueusement , de secourir mes amis si quel- [o'un d'eux a besoing de moy, et faire que ma ité n'ait point faute, que je puisse, d'aucune iiose* qui soit pour l'embellir et orner. De vray, lis je lors, ô Ischomache, ce sont toutes belles hoses ce que tu dis, et qui n'appartiennent Q'aux bien grands seigneurs et fort puissans. Assi comment pourroit il estre autrement, veu «*il y a plusieurs qui ne sçauroient pas vivre lus avoir affaire de Tayde d'autruy, plusieurs [d pensent faire un grand coup d'eschapper au enpfi seulement, et s'ils peuvent avoir, pour WBser^, ce qui leur fait besoing sans plus pour lux mesmes. Et doncques faut il pas bien croire [uc ceux là sont pleins et ayses*, qui peuvent Mm pas seulement entretenir leur maison , mais mcores la combler de reserves, si bien qu'ils lyent de quoy orner leur ville et soulager leurs amis? Or sommes nous. Dieu mercy, dis je, hira grand nombre entre nous, qui pouvons et
1. Et faire, autant qu'il est en moi, que ma cité ne wiDque d'aucune chose....