‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 111 sur 293 · Je suis bien ton raisonnement^ je comprends · texte numérisé non relu

Je suis bien ton raisonnement^ je comprends

j'orrois ^ bien volontiers de toy encores d'avantage, s'il te plaisoit me faire entendre quel est le travail dont tu uses pour la santé et pour la force, comment tu t'adresses aux armes, comment tu mets ordre que tout abonde chez toy si fort, que tu en peus ayder tes amis et asseurerla ville. Premièrement doncques, ô Socrates, dit Ischomache, j'ay accoustumé me lever du liet k l'heure que je pense trouver encores chez luy celuy k qui j'ay affaire, si d'adventure j'ay quelqu'un k veoir le matin ; et si j'ay quelque ^se k despecher par la ville, je prens cela pour mon pourmenoir, et pour mon exercice. Mais si je n'ay en la ville aucun affaire pressé , i'^voye mon laquais^ devant pour meiner mon ckeval au village, et moy je yay a pied, et fay servir ce chemin d'exercice pâradventure meilkor et plus naturel , ô Socrates , que si je me pourmenois aux portiques. Puis quand je suis arrivé k mon village , si j'ay des gens k faire quelque plant , si j'en ay au labour, si j'en ay

i. J'entendrais, j'apprendrais.... Ouïr, ïoy, ïouy, j'orniy, yorrois..*. On Ut dans le Roman de la Rose : Et par maintes fois escoutay Si forrois gens parler ensemble* 1 Autrefois laquet, qui Tient de naquei, expliqué plus hiat, page 65. On lit dans Froissart : «c En France, il y a eeot ans que les pages Yilains, allans à pied , ont com- ■encé d'être nommez naqueU et laquets* » Y. à ce sujet Piacbet, Origine des Armoiries , l, i, et le P. Labbe, Etym, Fr,, p. 110. Ménage fait dériver ce mot de verna, wnaculus , transformé, suivant lui, en vemaculacaius^ IQi aurait perdu ses trois premières syllabes !

a semer, ou bien à cueillir les fruicts, je prens garde comme ils font par tout, et radresse* ce que je peus cognoistre qui seroit mieux autrement que ainsi qu'il est. Apres cela , le plus souvent je monte k cheval et chevauche en la manière que je peus choisir la plus approchante di train qu'on est forcé de tenir aux factions de la guerre^, ne m'espargnant ny k passer en uiiv chemin tortu et raboteux , ny k une vallée , ny 1 1 un fossé, ny k un ruisseau. Vray est que je prens s bien garde , le plus que je puis , pour ce que c'ei i est^, de ne donner attainte k ma monture qui i la face clocher. Cela fait , mon laquais me prend le cheval * et le meine au logis, et porte do i champs a la ville, s'il y a rien qui nous y face e besoing^; et moy. revenu k la maison tantostle pas, tantost en courant, je change d'habillé^ i

1. Kadresser et redresser, radresseur et rédresseWt \ formes simultanéraent usitées aa xvi' siècle.

2. Cf. Xénophon, traité du Commandant de la Cavê' lerie, c. 1, et de VEquitalion, c. 3 et 8.

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