‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 121 sur 293 · Quelque soin que Ton prenne · texte numérisé non relu

Quelque soin que Ton prenne

1 Dans tout le passage qui s'étend depuis ces mots UffoUh : or pour vray, ô Socrates, dit il, etc., on s'aper- «m aisément que Tordre des idées est troublé. Aussi , >(Hir rétabUr renchainement interrompu du discours , ies transpositions heureuses ont été imaginées par Er> letti : on peut voir k ce sujet Tédition de Schneider, P.ft3 et 95, texte et notes.

3. C'est-à-dire la bonté de cette science pour l'homme, ^kvOpwTcCav. Montaigne, en parlant du premier Scipion, in, 9: «Partout où U se veut faire valoir, il poi«e(pèse, etume, place) sa debonnaireté et humanité au dessus de ««hardiesse et de ses victoires. »

4- Outre qu'elle joint à tous ces avantages, celui d'être..,.

5 Cf. Varron, de Re rustica, I, 3. Dans Hier on, c. 29,

22 i LA MESNAGERIE

d'entre lesbestesmesmes, nous appelions toutes celles Ik nobles, qui ayans quelque chose en elles de beau et de grand et proufitable, se monstrent toutesfois traictables et humaines envers les hommes. Il me semble bien, dis je, ô Ischomache, que j'ay assez bien retenu comme c'est, suivant ton dire, qu'il faut enseigner le receveur : car je pense avoir apprins comment tu disois qu'il le faut faire affectionné et soigneux envers toy, et bon à commander, et loyal \ mais ce que tu as dit estre nécessaire à un qui est pour avoir le seing de l'agriculture, d'apprendre ce qu'il y faut faire, et comment, et en quelle saison chasque chose , il m'est advis que cela avons nous passé en courant parmy l'autre propos un peu legierement, comme si tu disois qu'à celuy qui veut sçavoir escrire sous un autre ce qu'on dictera, et le lire, il luy est besoing de recognoistre les lettres : par Ik j'entendrois bien qu'il doibt cognoistre les lettres, mais le sçachant, je croy que je ne cognoistrois les lettres pour cela, ny plus ny moins-, et k ceste heure tout de mesmes. Car je croy bien ayseement que celuy qui doibt estre bon superintendant de l'agriculture la doibt sçavoir et entendre^ mais sçachant cela, je ne sçay pas mieux pourtant comment l'agriculture se doibt manier. Et si maintenant il me prenoit soudainement

Xénophon propose même de décerner des distinctions honorifiques à ceux qui pratiquent avec le plus de succès l'art de l'agriculture .

DE XENOfHON. 225

envie de mesnager les terres * , je ressemblerois a mon advis a ce médecin, qui va bien et vient sans cesse pour visiter les malades, mais qui n'entend rien de ce qui leur peut servir. Doncques si tu ne veux que je sois de ceste sorte, apprens moy le fait mesme de l'agriculture. Or pour vray, ô Socrates , dit il , ce n'est pas ainsi d'elle comme des autres arts : car aux autres, il s'y faut aucunement consommer^ en les apprenant, premier que l'apprenty s'en sçache ayder pour gaigner sa vie. Et l'agriculture n'est pas ainsi difficile k apprendre , ains partie en voyant ceux qui travaillent , partie en oyant parler, tu l'auras aussi tost apprinse, si bien que tu l'enseigneras si tu veux à un autre. Et si m'asseure bien, dit il, que toy mesme sçais beaucoup de choses en cest art, que tu ne penses pas sçavoir ^ et y a encores un autre poinct , que tous autres artisans, je ne sçay comment, cachent tousjours ce qu'ils sçavent de plus propre ^ chascun en son mestier : mais d'entre les laboureurs celuy qui mieux plante, c'est celuy qui prendra le plus de plaisir si on le regarde faire ^ et celuy qui semé le mieux, tout de mesmes; et si

1. De prendre soin, de m'occnper des terres, d'être agricuUear....

2. l\ faut en quelque façon y devenir consommé.... Le texte dit plutôt : 11 faut s'épuiser de fatigue.... La Boëtie, conformément à ce sens, avait peut-être écrit consumer, ou employé consommer dans l'acception du verbe précédent, que Nicot ne permet toutefois pas de lui donner.

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