V. le traité du Sublime, c
2. D'un esprit étroit , mesquin, d*un caractère sordidf : T. p. eo, n.3.
3. Ajoutez, d'après le texte de Plntarque : Quand Ut l'ont en leur possession, el le regrettent et le pleurent..- Peut-on attribuer à La Boëtie le non-sens qui résulte de cette omission inconcevable ?
4. Lucien fait une ingénieuse satire de ces regrets d'une tendresse aveugle : v. de Luctu, t. ii , p. 9&^» surtout S 13, p. 92B de Tédit. cit.;cr. Valère-Maxiine,n,6 {ext. 13).
5. Car ces biens ne sont pas..., dit plus brièTemeot le grec.
ui regard de ceux qui les ont perdus, et petits m Teûdroicl de ceux qui en jouissent. D'avanage si elle est allée en lieu où elle ne sente K^int la douleur, elle n'a pas besoing qu'on se liieille pour elle : car pour quoy debvons nous tYoirmalpour raison d'elle^ , s'il n'y a rien qui luy în face.
Pour vray la perte des grands biens doibt aire cesser le dueil qu'on en pourroit meiner^ piand par la perte mesme on vient k cela de l'avoir plus besoing des choses perdues. Or 31 petite Tîmoxene n'a perdu que peu de bien, le tant qu'elle n'en cognoissoit que bien peu ît se rejouissoit de peu. Car comment pourroit )n dire qu'elle eust perdu ce dont elle n'avoit pas sentiment et qu'elle ne pouvoit encores ny Bognoistre ny comprendre ? Toutesfois je sçay bien, touchant ceste opinion qu'aucuns tiennent et la donnent à entendre k plusieurs, que les hommes, depuis qu'ils sont une fois dissous par la mort, n'ont en nul endroict nul mal ny torment, je sçay bien, dis je, quant k ceste opinion, que la religion de nostre païs te gardera ^ de la croire, et les sentences qui se disent par mystère aux festes de Bacchus, que nous sçavons entre nous qui en sommes participans^.
1. Eprouver da mal, da chagrin poar eUe, à cause ^'elle.... Sur ces idées, cf. Cicéron, Tusc,, III, 30; Sénè- <|tte, Consol. ad Polyb,, c. 23.
2. Plus exactement : Les doctrines transmises par nos «ncêtres te garderont....
3> Ob sait que dans les mystères, qui formaient chez les
Doncques présupposant l'amc estre immortelle, imagine en toy qu'il luy advient de mesmes que es oiseaux qui sont prins : car si Famé se nourrit long temps avecques le corps , et par grands maniemens d'affaires et long usage s'accoustume et s'apprivoise en ceste vie, quand elle s'en déloge et s'en revole, elle y rentre tout à coup par le moyen des renaissances, et ne cesse de s'empescher tousjours des passions et fortunes que nous avons ici * . Et ne pense pas que la vieillesse soit tant mauldite et blasmee sur les rides et le poil gris et la foiblesse du corps -, mais cest aage là a ce mal qui luy est plus à reprocher que nul autre, qu'il esloigne l'ame et l'estrange ^ du souvenir de ce qu'elle voyoit au lieu dont elle est venue, et parmy les choses d'ici l'appesantit et la rend lourde et grossière : car par les ans elle plie et contraint la forme et habitude de son estre, et
anciens une sorte de complément d'une religion insufisante , il y avait un certain nombre de vérités tenues en réserve pour les initiés seuls : au premier rang était le dogme de l'immortalité de T&me.
1. Ce sont là des doctrines pythagoriciennes qui péoétrèrent dans le platonisme moderne. Plusieurs autres passages des Œuvres morales montrent qu'elles formaient le fond des opinions philosophiques de Plutarque.
2. La dépouille.... JS^iran^erCextraneare^ les Prorençaux en ont fait estranhar) , écarter, chasser. Un de nos vieux auteurs, en parlant d'une femme dont le visage étiit plein d'ulcères:
Chascun la fuit , chascun l'estrange,
(Gautier de Coinsj, II, 17, cité par Roquefort')
DE CONSOLATION. 3iê
garde et entretient celle qu'elle a prinse par lé moyen de tant de choses qu'il luy a fallu endurer* . Mais au contraire l'ame qui a demeuré peu de temps captive^, ayseementpar les puissantes loix de sa nature est retenue en sa forme naturelle, n'ayant prins du corps qu'une façon ie ply encores fraisehe et molle : car ainsi que le feu, si on l'èsteint et incontinent après on le rallume, il flamboyé et se reprend soudain ^ dtemesmes Tame qui naguieres est partie de son origine, quand elle y rêva bien tost, la reprend plus facilement, et ne pourroit avoir aucun avantage à reculer'
De franchir au plus tost les portes de PlutonS
1. Cf. Virgile , Enéide, VI , v. 731, 738, 746, 751 j et les doctrines de Platon dans le Timée, le Phédon, le 10' livre ^thRépubliqwe, etc.; v. aussi Wyltenbach, Disputât, de plûdto ImmortaL , seet. 8« et 12*.
2. A partir de cette phrase , le texte grec offre plusieurs traces d'altération, et Reiske s'est efforcé de le rétablir (Yoy. t. Yiii de son édition, p. 412-415); mais on stit qu'il ne faut accepter qu'avec réserve les changements ^e ce critique hasardé, et se défier de son audace un peu «▼entureuse (Wyttenbach, Ânimad., t. r, p. 749).
3. Tout ce membre de phrase a été ajouté par LaBoëtie ponr combler une lacune manifeste; mais Amyot a pensé qu'il y avait ici'moins de mots omis : de là, dans ce passage, la différence, d'ailleurs peu importante, qu'on remarque entre les deux traducteurs; Xylander a indiqué vie manière , à peu près analogue aux conjectures que les précédents ont proposées, de compléter le sens de ^'original.
4. Ce vers, que le texte de Plutarque ne présente ici IQ'iBcompItt , est cité en entier par lui dans sa Consola^
sinon pour nourrir en soy une grande amour des choses du monde \ et, comme si elle esloit charmée par le corps, s'amollir et destremper avecques luy.' Et la vérité de ceci se cognoist encores plus clair par les coustumes et loix anciennes de nostre cité : car en nostre ville on ne fait point de sacrifice à l'enterrement des enfans quand ils meurent , ny autre solennité, comme il est raisonnable d'en faire pour les autres morts. Car les enfans ne tiennent rien de terrien ny des choses terrestres*; et ne se dit point que leurs esprits, pour s'aymer près de leurs corps, s'amusent et s'arrestent aux tombeaux et sepulchres, et aux repas qu'on a accoustumé présenter aux morts: car les loix ne souffrent point qu'on pense cela d'eux, comme n'estant point loisible de le croire de ceux là, desjà estans en un estât meilleur et plus sainct, et au partir d'ici arrivez k une plus belle demeure'. Or puis qu'à ne les en croire point, il
lion à Apollonius ; od le troaye dans le Combal d'Hcmèn et d'Hésiode (édit. d'HeiDsias, p. 321} , et dans Théogiiii 417. Cr. Stobée, p. tiSO, éd. Gesner; Gicéron, Tuse., I,tt.
1. Cf. Menandri reliquiœ, édit. d'Amsterdam, 1709, p. 184; les Pensées de Marc-Aurèle , II , 14; Stobée, tit. 122, et la Consolation de Plularque à ApoUonm, c. 32, 38, 47 et 66.
2. Ne tiennent en rien k la terre ni aux affections terrestres. Il est question dans les Sermons de saint Bernard, fol. 83 , de ceux qui abandonnent les leçons da ciel popr se tourner vers c< an enseignement terrien,»
3. De là cette opinion familière à l'antiquité ( Wytteobach , Animadv. , 1. 1 , p. 769, 770) , et que Ménandre «
a plus de peine pour nous que de les en roire , il faut par le dehors en user ainsi omme les loix l'ordonnent, et avoir le dedans Dcores moins souillé et mieux net , et plus haste.
La fin en est à dire * en Plutarque,
tprîmée par un vers touchant (v. i6. , p. 789, 790; fefiandri reliquiœ, p. 46) :
Celui que les dieux aiment, meurt jeune, k l'époque de La Boëtie , le poëte Passerat s'est raproche de cette belle pensée :
La plus courte en ce siècle est la meilleure vie ; t des idées analogues à celles qui terminent le traité le Plutarque lui ont dicté l'épitaphe suivante « du petit kleiandre de Mesmes : »
Reçoy, petit, ces vers funèbres ,
Qui vins ici pour veoir le jour,
El n'y voulus faire séjour,
Quand tu n'y veis rien que ténèbres.
1. Manque : locution déjà expliquée. Les éditeurs terminent en effet ce traité par le mot Xeinet. Rien ne parait toutefois manquer dans le texte, remarque judicieusement Heiske, si ce n'est peut-être un verbe , facile et même assez inutile à suppléer, puisque l'on comprend qu'il soit sous-entendu sans aucun préjudice pour le sens. Cf. l'éd. ^eReiske, t. viii, p. 414, et celle de Wyttenbach, t. m, p. 467.