‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 217 sur 293 · XXVII. Ad Julium Cœsarem Scaligerum · texte numérisé non relu

XXVII. Ad Julium Cœsarem Scaligerum

Quam recte iambi claudicant tui^, Csesar! Agnosco Juiium^, atque Julios versus.

Quis namque circa res sit unicas error? Agnosco vix me in versibus tuis, Juli, Interpolatum mire laudibus tantis.

At noster hujus insolens pudor laudis Yidet quod in me conscius tibi gaudes Potente versu aequare grandibus parva.

Ërgo tibine, quod meas canis laudes Placere tantum, blandiens mihi, credam Levés phalœeos debilesve scazontas?

Imo rubori consulam magis nostro , Dicamque^ nostros» si tibi placent, versus Donum fuisse Brassad tui, teque

1. Cette pièce est un curieux débris de ces correspondances fort goûtées au xvi* siècle , où les gens de lettres faisaient entre eux assaut de compliments et d'esprit. Le président de Brassac cité avec honneur dans la CArontfu^ de De Lurbe , p. 45, avait adressé à Scaliger des vers latins de La Boëtie, et Scaliger venait de répondre par un éloge pompeux du poëte. La Boëtie renvoie modestement ces louanges à Brassac, l'auteur du don.

2. Scaliger avait écrit en vers scazon s (boiteux): L*^ scazon n'est que l'ïambe terminé par un spondée. La réplique de La Boëtie est dans le même mètre.

3. On a déjà vu plus haut que l'admiration de La Boëtie pour Jules-César Scaliger était justifiée par celle de soo siècle. Balzac, dans ses Enlreliens, appelait encore les deux Scaliger ce la merveille des derniers temps. » Fameot par plusieurs ouvrages d'une érudition incontestable, i- G. Scaliger n'avait encore, il est piquant de le constater; rien publié à l'âge de 47 ans.

Dédisse danti laudes quas dabasdono^ Sic oui juventa turget fervida in venis À^mor, sua quem blandus arte pellexit, Nune régnât imo in corde perlidus vietor : Huie si papaver forte legit in sertum Jocans puella, liliumque plebeium, Vilemque strinxit gallica thymum nardo, Stupet beatus et fovet suos ignés , Formamque amatam suaviatur in serto^, Sibique gestit, floreo potens dono, Née supra amomum nec supra rosas parcet Efferre laude, forsitanque sic olim Bacchus corollam gnosiiamintulitcœlo^ :

Sic tu (fatere), quod meas canis laudes, Juli, dedisti praesidi meas laudes, Juli, dedisti prœsidis^ mihilaudes.

Répétition ou plutôt jeu de mots, dont on trouve

d'un exemple chez les anciens, surtout dans leurs

aces.

Cette comparaison rappelle, pour la finesse et pour

ftce, celle qui termine, dans Catulle, l'épttre àUor-

, Carm,, 65, éd. Amar, 1821.

La couronne d'Ariane mise par Bacchus, au rang des

Gnosiaque ardenlis decedat Stella coronae.

(Virgile, Georg., I, 222.) hes, poet. ling. lat. de M. Quicherat, au mot corona,

La Boëtie joue dans ces deui derniers yers sur le titre résident que, comme on Ta vu, possédait Brassac.

ÉSIES FRANÇAISES.

Page 1