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Construction usitée chez nos anciens auteurs, et dont

POÉSIES FRANÇAISES. 43i

S arc, traicts et carquois, etluytoutdaiismes sens, or un mois n*a pas que ma franchise est morte, ce venin mortel dans mes veines je porte; lesjà j*ay perdu* et le cœur et le sens*.

[uoyî si cest amour à mesure croissoit ,

en si grand torment dedans moy se conçoit ^ ?

"oists si tu peux croistre, et amende^ en croissant :

te nourris de pleurs, des pleurs je te promets , K)ur te refraischir, des souspirs pour jamais ; s que le plus grand mal soit au moins en naissant !

u/notessur Vaugelas (t. ii, p. 11 et 12 des Remar- ), cite de nombreux exemples ; toutefois elle avait, dès n» siècle, cessé presque entièrement d'être en usage. M. Génin a fait remarquer avec raison, Variations du ^age français, v. p. 92 et suiv., que le plus souvent, > notre ancienne langue, l'hiatus n'était que sur le pa- , et que la manière de prononcer alors usitée le faidisparaltre.

Si pudor est, alio trajice tela tua.

Intactes isio sali us tentare veneno....

(Properce, £/., II, 12,18.) Encore, qu'arriverait-il, si cet amour conçu, engendans mon cœur, mais si douloureux à sa naissance , ssait avec le temps ? Croissoil et conçoit , par l'effet a prononciation en usage, rimaient alors aussi bien r l'oreille que pour les yeux. De même, plus loin, droit mdr oit, etc.

Corrige-toi, transforme-toi, sans doute, en amour "eux : le sens de ces dernières strophes , fort manié- , suivant le goût du temps, est que La Boëtie consent 1 à aimer de plus en plus, mais à la condition de ne pas er seul, et qu'il demande de trouver par la suite, dans tendre retour, c'est ce que semble indiquer le dernier i, allégement pour son martyre. Cf. Pétrarq., Canz, 10.

432 POÉSI£S FRANÇAISES.

C'est fait, mon cœur, quitons la liberté. De quoy meshuy serviroit la défense, Que d'agrandir et la peine et l'offense? Plus ne suis fort, ainsi que j'ay esté*.

La raison fut un temps de mon costé, Or*, révoltée, elle veut que je pense Qu'il faut servir, et prendre en récompense Qu'one^ d'un tel nœud nul ne fut arresté.

S'il se faut rendre , alors il est saison S Quand on n'a plus devers soy la raison. Je voy qu'amour, sans que je le deserveS

Sans aucun droict, se vient saisir de moy ; Et voy qu'encor il faut à ce grand roy , Quand il a tort, que la raison luy serve*.

1. On observera que dans ces strophes gracieuses, la {Mi* sion suggère à La Boëtie un langage aussi facile et aasslBiturel que celui du f sonnet était énergique et impétoen.

2. Ores^ ore, or , maintenant; ainsi pouvait-on dire également en vers : oncques, oncque, oncq, onc , jamais ; avecquet, avecque , avec ; encores , encore , eneor, etc. Tous les adverbes terminés en e muet, dans notre ancieo langage, prenaient une s finale.

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