‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 231 sur 293 · Tremblait · texte numérisé non relu

Tremblait

4. De^pU^r avait le sens de dédaigner ( y, p. 283, n. 2), et aussi celui d'accuser.

5. C'est un billet qui a la vertu d'un talisman : Nicot donne ce sens au mot brevet, p. 90 du Thresor,

6. Je m'aperçus soudain avec quelle promptitude il me faisait rentrer en moi-méme^ii me ramenaità la raison....

ntre vous qui, de moy, ces merveilles oyez, ue me dites vous d'elle? et je vous pri', voyez, 'ainsi comme je iais, adorer je la dois?

^uds miracles en moy pensez vous qu'elle face € son œil tout puissant, ou d'un ray* de sa face, «is qu'en moy feirent tant les traces de ses doits*?

e tremblois devant elle, et attendois, transy, our venger mon forfait quelque juste sentence, ^ moy mesme consent du^ poids de mon offence, ors qu'elle me dit : Va, je te prens à mercy* ;

^e mon los désormais par tout soit esclaircy : inploye là tes ans ; et sans plus, meshuy pense ^'enrichir de mon nom par tes vers nostre France^ : ouvre de vers ta faute, et paye moy ainsi.

IIS, donc ma plume, il faut, pour jouir de ma peine, ourir par sa grandeur d'une plus large veine : ais regarde à son œil, qu'il ne nous abandonne.

ms ses yeux nos esprits se mourroient languissans. s nous donnent le cœur, ils nous donnent le sens : )ur se payer de moy, il faut qu'elle me donne^.

1. Rayon, éclair qui jaillit : v. p. 277, n. 2. 2.Rappr. cette pièce des Sonnets^ eiSS de Pétrarque. h (Gonsentiens), reconnaissant moi-même le.... I. Cf. Pétrarque, Sonnet 112.

(. Quum de me et de te compita nulla tacent...

(Properce, 11, 20, 22.) l L'inspiration, sous-ent. : Pour obtenir de lut des vers 1 payent sa faute, il faut qu'elle les lui inspire.

450 POÉSIES PRAMÇAlSe^.

0 vous, mauidits sonnets, vous qvi priâtes Yiaàm De toucher à ma dame I ô malings et pervers, Des Muses le reproche, et honte de mes vers !

Si je voTis feis jamais, s'il faut que je me fece

Ce tort de confesser vous tenir de ma race, Lors pour vous les ruisseaux ne furent pas ouverts D* Apollon le doré*, des Muses aux yeux verts ; Mais vous receut naissans Tisiphone en leur place.

Si j'ay one quelque p«fft à la postérité.

Je veux que l'un et l'autre en soit déshérité,'

Et si au feu vengeur des or ^ je ne vous donne ,

C'est pour vous diffamer : vivez chetifs, vivez, Vivez aux yeux de tous, de tout honneur privez: Car c'est pour vous punir, qu'ores je vous pardonfie*

N'ayez plus, mes amis, n'ayez plus ceste envie Que je cesse d'aymer : laissez moy obstiné, Vivre et mourir ainsi, puisqu'il est ordonné : Mon amour, c'est le fil auquel se tient ma vie^

i' Epithéte antiqae : on trouve xpwTéy\ 'A<ppoMtT) ëHt Homère, IL, III, 64; cf. l'Hymne homérique à Vénw,T.

1 ; Venus aurea , dans Virgile, JEn,, X, 16.

2# Dés à présent... Tibulle, dans une imprécation contre des vers qu'il désavoue également, 1, 10,49: Illa velim rapida Vulcanus carmina flamma Torreat, et liquida deleat aronis aqiia. 3. Ronsard a dit aussi, dans ses vers à Cassandre: Amour ourdit la trame de ma vie.

Le joli vers de La Boëtie semble d'ailleurs emprnaté ao

Liusi me dit la Fee; ainsi en OEagrieS mie feit Meleagre à i'amour destiné , lit alluma sa souche à l'heure qu'il fust né , Qt dit : Toy et ce feu, tenez vous compaignie.

une le dit ainsi, et la fin ordonnée îuivit après le fil de cette destinée.

La souche (ce dit Ion] au feu fut consommée;

It des lors ( grand miracle), en un mesme moment, Dn veit tout à un coup du misérable amant ^ vie et le tison s'en aller en fumée ^.

juand tes yeux conquerans estonné je regarde, l'y voy dedans à clair tout mon espoir escrit , l'y voy dedans amour lui mesme qui me rit. Et m'y montre mignard le bon heur qu'il me garde*.

Mais quand de te parler par fois je me bazarde, ^'est lors que mon espoir desseiehé se tarit* ;

'^(mnel 134 de Pétrarque : mais Texpression du poëte franais aie mérite d'étreplusnaturelie.Gf.id:,5(mn.Mlet84.

1. Nom poétique de la Thrace ; elle le tenait d'OEagre, m ftitle père d'Orphée : v. le poème de V Expédilion des rgonaules attribué à celui-ci, v. 76; et Diodore de Sile,ÏV, 25. Cf. Virgile, Georg,, IV, 524; Ovide, Metam,, ,219; Hygin, Fa6., 14.

2. V. Homère, IL, II, v. 642 ; Ovide, Melam., Vlll, S 10 11. Cf. Apollodore, I, 8 ; Pausanias, X , 31;HygiD,

a6.,174; etc.

3 Erycina ridens

Quam jocus circum volât et Cupido.

(Horace, Od., I, 2, 33.) 4. Spes facilem Nemesiro spondet mihi ; sed negat illa. Tibulle, II, 7, 9. Cf. Pétrarque, Smn. 19.

Et d'avouer jamais ton œil , qui me nourrit, D'un seul mot de faveur, cruelle, tu n'as garde*.

Si tes yeux sont pour moy, or voy ce que je dis : Ce sont ceux là, sans plus, à qui je me rendis. Mon Dieu, quelle querelle en toy mesme se dresse,

Si ta bouche et tes yeux se veulent desmentir I Mieux vaut , mon doulx torment', mieux vaut les despart Et que je prenne au mot de tes yeux la promesse.

xxm.

Ce sont tes yeux tranchans* qui me font le* courage:

Je vois saulter dedans la gaye liberté.

Et mon petit archer*, qui meine à son costé

1. Constrnction pénible : ta n'as garde de confirmer par un seul mot de faveur le langage^ la promesse de tes yeux, qui me nourrissent d'espoir.

2. Ainsi Du Bellay, sonnet 22* de son Olive, s'applaudit que sa vie soit consumée

Par le torment d'une si doulce flamme.

3. Les séparer, pour terminer leur querelle : langage précieux et subtil , qui n'est guère rendu plus intelligible par cette explication même ; là on voit le goût du temps, plus qu'on n'entend La Boëtie lui-même.

4. Rarement ce terme, même à cette époque , se trouve employé dans le sens figuré.

5. Qui excitent, qui animent nM>n.... Cf. Pétrarque, Canz, 9.

6. Gracieuse épithète, souvent donnée , dans les sonnets de Ronsard et de Du Bellay, au dieu d'amour : le premier, s'adressant à Cassandre :

Qu'eusse je fait? Varcher estoit si douh. V. aussi votive (s. 26,55, etc.), où Du Bellay parle mêffic tf des yeux archers » de sa maîtresse (s. 18).

La belle gaillardise* et le plaisir volage;

^ais après, la rigueur de ton triste langage ^e monstre dans ton cœur la iiere honnesteté; It condamné, je voy la dure chasteté ^à gravement assise et la vertu sauvage.

linsi mon temps divers par ces vagues se passe ^ : )res son œil m'appelle, or* sa bouche me chasse, lelas, en cest estrif \ combien ay je enduré!

Htpuis qu'on pense avoir d'amour quelque asseurance: lans cesse, nuict et jour, à la servir je pense, •fy encor de mon mal ne puis estre assewré*.

1. Enjouement, hilarité, bonne humeur, et aussi viva- Ité. Montaigne , Ess,, III , 5 r « C'est la gaillardise de imagination qui esleve et enfle les paroles.)) On peut oir plus haut ce que dit H. Estienne du mot gaillard , . 264, n. 2.

2. Se passe de diverse façon , bien différemment, dans es fluctuations, dans ces incertitudes : encore une meta- •hore transcrite des anciens.

3. Ores et or répétés, ou ores, or, tantôt, tantôt : Ronard se peint aussi, dans les Amours de Cassandre ,

Ores doubteux, ores plein d'asseurance. ' 1 se montre, aimant à errer

Or sur un mont, or dans une vallée,

Or près d'une onde à Tescart recelée.

Et Du Bellay, sonnet 93 de V Olive :

Ores je chante et ores je lamente.

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