Cf. Pétrarqae, Sonn, 66,75 et
5. J'en noarrirai^ j'en rassasierai ma doalenr, je ne plongerai de plas en plus dans mon infortune.... Saotfbr (saturare], que Ton prononçait soûler, dissyllabe, était fort reçu en poésie.
Si j'ay du mal, elle le veut aussi :
J'aecompliray mes peines ordoimees.
Nymphes des bois, qui avez, estoimees.
De mes douleurs, je croy, quelque mercy, Qu'en pensez- vous? puis je durer ainsi. Si à mes maux trefves ne sont données * ?
Or si quelqu'une à m'escouter s'eneline *, Oyez, pour Dieu, ce qu'ores je devine : Le jour est près que mes forces jà vaines
Ne pourront plus fournir à mon torment. C'est mon espoir* : si je meurs en aymant, Adonc, je croy, failliray je à mes peines *.
Du Bellay s'adresse aussi, sonnet 54 de VOUve, à ces identes des amants malheureux^ pour les prendre à )in de son martyre :
0 demy dieux, o vous nymphes des bois,
Nymphes des eaux....
Si onc avez senty quelque amitié, [voix.
Veuillez, piteux (émus de compassion], ouïr ma triste
Puis que ma foy, mon amour et mes vers
N'ont sceu trouver en ma dame pitié.
>étrarque, Canz. 14.
Alors on disait également, au figuré comme au proincliner et encliner ; ce dernier devait bientôt être crit; y. Remarques de Vaagelas^ t. ii, p. 274. Mais trace de l'existence longtemps simultanée des deux tes, et du caprice de l'usage, devait subsister dans nos s enclin et inclinçLtion, Sic igitur prima moriere setate , Properti :
Sed morere ; interitu gaudeat illa tuo.
>erce, II, 8, 18. Cf. Pétrarque, Ballade ^i Sonnet 59. J'échapperai du moins alors à mes peines : Adonc si- \^i alors, suivant Nicot; c'est ce qu'on voit aussi dans ehardouin , c. 71, 137, 146, etc.
La Boètie. 20
Lors que lasse est de me lasser ^ ma peine, Amour d'un bien mon mal refraischissant, Flate au cœur mort ma playe languissant^ Nourrit mon mal et lui fait prendre haleine.
Lors je conçoy quelque espérance vaine ; Mais aussitost, ce dur tyran, s'il sent Que mon espoir se renforce en croissant, Pour Testouffer, cent tormens il m'ameine
Encor tous frais : lors je me vois blasmant ^ D'avoir esté rebelle à mon torment.
Vive le mal, o dieux, qui me dévore I
Vive à son gré mon torment rigoureux I 0 bienheureux, et bienheureux encore, Qui sans relasche esttousjours malheureux M
xxvin.
Si contre amour je n'ay autre défense,
1. Un de ces concetti, dont Pétrarque, fi habile cependant à parler le langage de la passion, a fait Ini-némc si fréquemment usage.
2. On a déjà observé que dès cette époque, par ao< exception qui devait bientôt se substituer k la règle et la devenir, les participes présents étaient, en plusieurs reoeontres, considérés comme indéclinables.