SONNETS
L'un chante les amours de la trop belle Heleine^, L'un veut le nom d'Hector par le mcmde semer , £t l'autre par les flots de la nouvelle mer*
1. On peat Yoir, au sujet de cetu nouvelle série de «onnets , les Eludes sur La Boëlie, p. 148 et suiv. Ils furent composés, ainsi que nous l'apprend Montaigne^ £m., 1,28, «comme il estoit à la poursuite de son mariage, en'fa?eur de sa femme. » C'est ainsi qu'à la même époque, un autre poète bordelais, Pierre de Brach^ chanta en vers fort admirés de Guillaume Colletet ( Vies des poêles frxmçois., art. de Brach)^ a la Tholosaine Aymee , qui devoit estre sa femme ; » et Salmon Macrin, célébra par Du Bellay, illustra aussi de la même manière sa femme Gé'lonis.
2. Ces premiers vers rappellent le début des poésies d'Anacréon , qui venaient d'être retrouvées par H. £stienne,
OéXw Xé-yeiv 'ATpE(8aç, eéXo $à Kà8(Aov $5eiv...., et, pour le mouvement, Tode d'Horace I, 7 :
Laudabunt alii claram Rhodon, aut Hitylenein....
3. Parti de Thessalie , Jason traversa , pour arriver en Colchide, la mer Egée, l'Hellespont, la Propontide, le Bosphore de Thrace et le Pont-Euxin : c'est sans doute cette dernière mer, jusqu'alors inconnue, que le poëte appelle ici la nouvelle mer. Un de ses promontoires avait reçu le nom de Promontoire de Jason; et dès le début de •son poëme sur les Argonautes, Valérius Flaccus célèbre la hardiesse de cette navigation à travers des mers inexplorées:
Prima deiim magnis canimasyreto penna natis. Cf. /(!.,€. I,v. 7.
50 i POÉSIES FRANÇAISES.
Conduit Jason gaigner les thresors de la laine*.
Moy je chante le mal qui à son gré me meine: Car je veus y si je puis , par mes carmes* charmer Un torment, un soucy , une rage d'aymer , Et un espoir musart, le flateur de ma peine.
De chanter rien d'autruy meshuy qu'ay je que faire'? Car de chanter pour moy je n'ay que trop à faire. Or si je gaigne rien à ces vers que je sonne *,
Ma dame tu le sçais, ou si mon temps je pers : Tels qu'ils sont, ils sont tiens: tu m'as dicté mes vers, Tu les as faits en moy', et puis je te les donne.
1. La Toison d*or : t. outre le poëme précédemment cité, ceux d'Orphée et d'Apollonius de Rhodes ;Pindare; Pylh., IV; Hygin , Fab., 14, etc.