Traduit librement d'Hérodote, dern. chap. cité
2. IVUtique.... Voy., sur ce fait, Plutarque, Vie de CalOHf au commencement.
40 DE LA SERVITIDE
l'un estoit banny, l'autre estranglé, Pun demandoit le confisque* d'un citoyen, et l'autre la teste. En somme, tout y alloit, non comme chez un officier de la ville , mais comme chez un tyran tlu peuple ; et c'estoit non pas un parquet de justice, mais une caverne de tyrannie. Ce noble enfant dit a son maistre : « Que ne me donnez t{ vous un poignard? et le cacheray sous ma « robbe. J'entre souvent dans la chambre de « Sylla, avant qu'il soit levé. J'ai le bras assez « fort'pour en despescher^ la ville. » Voyla vrayement une parole appartenante a Caton. C'estoit un commencement de ce personnage, digne de sa mort. Et neantmoins qu'on ne die ne son nom ne son païs, qu'on conte seulement le fait tel qu'il est, la chose mesme parlera; et jugera on a la belle adventure qu'il estoit Romain et nay dedans Rome, mais dans la vraye Rome, et lorsqu'elle estoit libre.
A quel propos tout cecy.^ Non pas certes que j'estime que le païs et le terroir parfacent'
1. La confiscation des biens , les biens confisqués... Confisque n'est pas donné par Nicot, quoique Tormé suivant Tanalogie^ puisqu'on lit dans le Thresor : <c Confisquer, c'est rendre quelque cbose acquise au fisque d*un prince , republique ou seigneur. »
2. Délivrer... On lit au deuxième livre û'ÂfMidis : « l\ feit entendre.... comme il s'estoit despesché d'eux , dont il estoit tresayse.» '
3. Parfaire, achever : parfaire un livre. Par remplissait dans notre ancien langage l'office de per en latin : il communiquait aux mots la force du superlatif, il leur «joutait une idée de perrection : cdl fust, dit ViUehar-
rien. Car en toutes contrées, en tout air, est contraire la subjection , et plaisant d'estre libre : mais parce que je suis d'avis qu'on ait pitié de ceux qui en naissant se sont trouvez le joug au col, et que, ou bien on les excuse, ou bien qu'on leur pardonne, si n'ayans jamais veu seulement l'ombre de la liberté, et n'en estans point advertis , ils ne s'apperceoivent point du mal que ce leur est d'estre esclaves. S'il y a quelques pais (comme dit Homère des Cimmeriens*) où le soleil se monstre autrement qu'à nous, et après leur avoir esclairé six mois continuels, il les laisse sommeillans dans l'obscurité, sans les venir reveoir de l'autre demie année, ceux qui naistroient pendant cette longue nuict, s'ils n'avoient ouy parler de la clarté, s'esbahiroit on si, n'ayans point veu le jour, ils s'accoustumoient aux ténèbres où ils sont nais, sans désirer la lumière? On ne plaind^ jamais ce qu'on n'a jamais eu ; et le regret ne vient point, sinon après le plaisir, et tousjours est, avecquesla cognoissance du bien, le souvenir
doain, paraUés (« dans notre ancien langage était le* signe du nominatif singulier masculin ) jusques à Salenyque , s'il penst. » De là encore, parcourir, parfumer : voy. à ce sujet M* Génin , des Variations du Langage français, p. 233 et suiv.
l.'En mythologie , le pays des Cimmériens, anciens habitants des bords du Palus Méotide (mer d'Azof), passait pour être le séjour du Sommeil. Voy. sur les Cimmériens ( xei(iéptoc, bibernus) , V Odyssée , 1. XI, c. 14 et soiv. ; les Métamorphoses d'Ovide , XI, S 14.