‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 43 sur 293 · Plutarque, Vie de Cicéron , c · texte numérisé non relu

Plutarque, Vie de Cicéron , c

misérablement (car quel blasme seroit ce de dire qu'il y ait rien eu de misérable en ces gens Jk, ny en leur mort ny en leur vie ?), mais certes au grand dommage et perpétuel malheur et entière ruine de la republique , laquelle certes fut, comme il me semble, enterrée avecques eux. Les autres entreprinses qui ont esté faites depuis contre les autres empereurs romains, n'estoient que des conjurations de gens ambitieux , lesquels ne sont pas à plaindre des inconveniens qui leur sont advenus : estant bel a veoir* qu'ils desiroient, non pas d'oster,mais de ruiner la couronne , pretendans chasser le tyran et retenir la tyrannie. A ceux là je ne voudrois pas mesmes qu'il leur en fust bien succédé , et suis content qu'ils aient monstre, par leur exemple, qu'il ne faut pas abuser du saincl nom de la liberté pour faire mauvaise entreprinse.

Mais pour revenir à mon propos , lequel j'avois quasi perdu, la première raison pour quoy les hommes servent volontiers , est ce qu'ils naisjsent serfs et sont nourris tels. De ceste cy en vient une autre, que ayseement les gens deviennent , sous les tyrans , lasches et effeminez : dont je sçay merveilleusement bon gré a Hippocrates , le grand père de la médecine , qui s'en est prins garde, et l'a ainsi dit en l'un de ses livres, qu'il intitule D^5 maladies*. Ce person-

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