Gavere : Use craint du roy, dit Nicot. Cf. Cic.,0ffAî
1 «iSouldoyer de souUe, gages ^ dit Nicot , qu'on baille
IQX gcDs de guerre tous les mois ; de là aussi souldarl
ttwudartn, Marot,dans son Panégyrique à Monseigneur
François de Bourbon :
Tu rameinas, sans faire pertes grandes, Dedans ton ost (camp] les martiales bandes De les soudarts loyaux et non mutins , Saoulez de sang et riches de butins...
Et Ronsard , dans le Bocage Royal , en s'adressant à Henri III :
Cela que le soudait aux espaules ferrées, Que le cheval flanqué de bardes acérées Ke peut faire par force, amour le fait seulet, Sans assembler nj camp, nj vestir corselet. Mais peu après Nicot remarquait : u Ceux qui parlent bien dient un soldai et non pas un souldart. » Ce terme était d'aiUeurs appliqué, suivant celui-ci, aux hommes de pied , non de cheval.
S.N'e8timant pas qu'il fallût épargner, ménager l'argent.. 4. Dans Tancien sens de tuer : le peuple dit encore, s au xvi» siècle : Il s'est défait lui-même. La Boètie. 5
nemis. Mais certes cela est bien asseuré , que le tyran ne pense jamais que sa puissance luy soit asseuree , sinon quand il est venu à ce poinct , qu'il n'a sous luy homme qui vaille. Doncques k bon droict luy dira on cela , que Thrason , en Terence * , se vante avoir reproché au maistre des elephans :
Pour cela si brave* vous estes , Que vous avez charge de bestes.
Mais ceste ruse des tyrans, d'abestir leurs subjects, ne se peut cognoistre plus clairement, que par ce que Cyrus feit aux Lydiens, après qu'il se fut emparé de Sardes, la maistresse ville de Lydie , et qu'il eut prins à mercy Cresus, ce tant riche roy , et l'eut emmeiné captif quant et soy. On luy apporta les nouvelles que les Sardins s'estoient révoltez : il les eust bien tost réduits sous sa main. Mais ne voulant pas mettre à sac une tant belle ville , ny estre toujours en peine d'y tenir une armée pour la garder, il s'advisa d'un grand expédient pour s'en asseu-
i. Eunuch,^ act. III, se. 1 :
Eone es ferox, quia habes imperium in beUuas? 2. Brave, autrefois pompeusement habillé, orné: Ronsard parle « dans son ode à L'Hôpital , De ce palais éternel Bra^fe en colonnes haultaînes.
C'est-à-dire superbement orné de.... Par suite hrMt a signifié confiant , fier ; et remarque Nicot , « tant reipagnol que l'italien, bravo rend ce que le latin dit feros:» de là enfin , courageux. Plus d'une province a retenu le sens primitif de brave.
rerMly establit des bordeaux% des tavernes et jeux publics , et fit publier ceste ordonnance, qne les habitans eussent k en faire estât. Il se trouva si bien de ceste garnison , qu'il ne luy &llut jamais depuis tirer un coup d'espee contre les Lydiens. Ces pauvres gens misérables s'amusèrent k inventer toutes sortes de jeux , si bien que les Latins en ont tiré leur mot. et ce que nous appelions passetemps , ils l'appellent ludi ^, conmie s'ils voulaient dire Lydi. Tous les tyrans n'ont pas ainsi déclaré si exprès qu'ils voulussent effeminer leurs hommes : mais pour vray, ce que celuy là ordonna formellement et en effect, sous main ils l'ont pourchassé la pluspart. A la vérité c'est le naturel du menu populaire, duquel le nombre est tousjours plus grand dans les villes. Il est souspeçonneux à l'endroict de celuy qui l'ayme , et simple envers celuy qui le trompe. Ne pensez pas qu'il y ait nul oiseau qui se prenne mieux à la pipee, ny poisson aucun qui pour la friandise s'accroche plus tost dans le haim *, que tous les peuples s'allèchent viste-