‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 72 sur 293 · Eschyle, les Perses, v. 169. —Cf. Gaton, de Re rus · texte numérisé non relu

Eschyle, les Perses, v. 169. —Cf. Gaton, de Re rus

(iea, c. 4 ; Phèdre > II , 8 ^ Pline Vancien , HisL naiur. ,

IVIII , 5 et 6; Columelle , 1, 1; III , 21 j IV, 18; Aulu-

Oelle, II, 29; Platarqae, de V Éducation des enfants,

' c. 27; enfin , La Fontaine, IV, 21.

1 Pins clairement dans le grec : Tadministration des biens, êicixpoireC^...

3. Ainsi Varron ayertit le maître : « non solnm debere inperare, sed etiam facere. y> 1, 17«

La Boètit. 5

96 LES OEGOMOMIQUES

et qu'ils ne délaissent ce qui est de leur debvmr, ny nuict ny jour, mesmes s'esveilient avantle poinet du jour * *, car cela est proufitable pour la santé, pour le règlement de la maison et pour celuy qui est amateur de sçavoir^. Or aux mmdres familles , la manière des Athéniens es b disposition des fruicts est utile: mais aux graifles maisons, en divisant tant les choses qui se despendent par un an , que celles qui se consument en un mois , et faisant pareillement de Vjmgd des utensiles, tant de ceux qui servent par jottr, que de ceux desquels on use peu souvent, frat le tout donner à ceux qui ont le manienent à» affaires. Au reste il est nécessaire quelquesfms veoir et visiter le tout, a fin qu'en ne soit igo^ rant tant de ce qui a esté conservé que de ce q« a esté diminaé.U faut aussi compartir^ la nai-

1. Hésiode, les Travaux et les Jours, y. irr5-780,p« 41 de l'édit. Didot. Platon, de Legibus^ liv. Y fl ; CatoD, c 5; Columelle, XI, 1 ; Pline, HUl. fuK., ^VIII, 6.

2. Surxîe dernier point, y. Ficin, icineo Ubro qui (tonriH sana inscribitur, ï> comme dit Muret, p. 80 de la PrifUÊ cit'ée : Sniyant celui-ci, il y prouye par sept raisons que le sommeil prelon^gé est nuisible, surtout aux gens de lettnf.

3. (Partiri) ; nous n'ayons conseryé que le substantif comparlimenL H. Estiennedans sa Prece(/enc€ cite, pand les manières d'exprimer qu'un homme est aytre , ettti locution : U parliroil [partagerait) un œuf en devf) p. 77. Dans un de nos anciens fabliaux, le Renard ptile ainsi tiu Lion :

Dis moy, par Tame de ton père, Qui t'apprÎDt si bien à partir ?

C'est-à-*dire à faire si bon, si juste partage. Y. le 4i€' tionnaire cité de Lacombe, t. i, p. 3W.

d'aristote. 99

9m, eu esgard tant aux biens qu'à la santé, qu'à la comsiodité et bonne assiette d'iceux. Sous le nom des biens, j'entens les fruicts, et ce qui est propre aux vestemens^ et faut veoir quelles choses leur sont propres, et entre les fruicts, ce quiproufite à ceux qui sont secs, et ce qui est bon à ceux qui sont humides* ] et des autres biens, ce qui est utile aux choses auimees et à celles qui sont sans vie , et pareillement aux esclaves, aux libres, aux femmes, aox hommes 9 tant à ceux qui sont estrangers qu'à ceux du pais-, et pour le bon air et sauté, i faut qu'elle soit exposée aux vents pour Pesté , et l'hyver au soleil ^ : ce qu'elle sera si elle n'est point toute carrée , mais soit plus ample vers le septentrion'. Il semble aussi qu'aux grandes maisons un portier est utile \ lequel

1. Varron, de Me ruslica, 1, 13, Golumeile, 1, 6, placent dtns cette dernière classe de fruits (on dirait aujourd'hui de produits): avinum et oleura^» dans la première : «faba, iKnom, y* etc.

3. « In sablimi loco œdifices, qui, quod perflatur, si ((iiod est quod adversarium tnfératur, faciiius discutitur ^ pneterea quod ab sole toto die illustratur, salubrior est, qaod et bestiol» si quœ prope nascuntur et inferuntur, •Ht efllantur, aut aritudine cito pereunt. y* Varron, 1, 12; cf. Columelle, I, 6.

3. Cf. Pline ^ HisL nalur,, II, 47; PaUadius^ de Me mtlica, 1,21. —Cette opinion d'Aristote a été discutée par Arétin et par Muret. V. la Préface ée celui-ci, p. 80.

4. Chez les Romains, les portiers étaient enchaînés sur U place même où ils devaient veiller; c'est ce que nous apprennent Columelle , I , PrœfaL ; Oride^ Amor, 1,6; Pignorius, de Servit, p, 447.

100 LES OECONOMIQUES d'aRISTOTE.

encores qu'il fust inutile pour les autres affaires, soit pour la seureté de ce qu'on apporte et emporte , et pour la garde des meubles , il est bon ensuivre la façon des Lacedaemonieiis; car il faut qu'une chascune chose soit mise en son lieu, pour autant que cela qui est ainsi mis en son lieu , est plus tost trouvé ' .

1. Il est présumable que le livre ne s^arrètait pas là; et que le reste a péri. Léonard ArétiD a donné une suite en latin, qu'il avait traduite, disait-il, sur un manuscrit plus complet j pour remplacer Toriginal, perdu en tout cas, le lecteur royal Tusan Ta mise à son tour en grec : on peut voir ce morceau , dont Gamerarius a donné une version latine, dans Tédition citée des œuvres d'Aristote , t. i,p. 496 et suiv. — Au sujet de l'addition d'Arétin , consolt. la préface de la traduction latine donnée par Strèbe des Economiques d'Aristote et de Xénophon, in-4'', Paris, 1604 : il rejette le morceau comme non authentique.

A M. DE LANSACS

HBTALIBR DE L'ORDRE DU ROY, CONSEILLER DE SON CONSEIL PRIVÉ, SURINTENDANT DE SES FINANCES, ET CAPITAINE DE CENT GENTILSHOMMES DE SA MAISON.

Monsieur je vous envoyé laMesnagerie*de Xenolion mise en françois par feu Monsieur de la oétié : présent qui m*a semblé vous estre propre , int pour estre party premièrement , comme vous

1. Saint-Gelais de Lansac. On peut apprendre par Thism du président de Thou le rôle important qu'il joua ins cette époque; il est question de lui dans les livres II, XVI, XXXII, XLÏI, LXÏV, etc. ; tour à tour on le )it figurer dans des négociations importantes, commaner contre la flotte du prince de Gondé la flotte du roi , )nquénr plusieurs lies, capturer plusieurs vaisseaui Dgiais au port de Tile de Ré, etc. Il était seigneur du owg; et , remarque Tauteur plus haut cité du Discours *r l'antiquité de cette ville , u dans ses vignes de dessous ^urg, il cueilloit d'eieellent vin. »

2. Ce mot est synonyme d'Economique; c'est la science "^mesnage, c.-à-d. de l'économie^ de l'administration lomestique, dont parle Montaigne plus d'une fois dans les Usais , et qu'il recommande fort d'acquérir; v. particuièrement III , 9; cf. Lettres de Pasquier , VII , 10. Mesuige se prenait même au figuré, comme notre mot écono- Bic; c'est ce que l'on voit par une remarqne de H. Esienne, dans la préface de la Precellence: a qu'il s'est fait lansla langue italienne plus grand remuement de mesnage la'en la nostre. » La racine du mot est dans notre ancien trme mesgnie,mesnie (manere), famille; PrecelL, p. 179.

sçavez , de la main d'un gentilhomme ^ de marque, tresgrand^ homme de guerre et de paix, que pour avoir prins sa seconde façon de ce personnage que je sçay avoir esté aymé et estimé de vous pendant f sa vie. Cela vous servira tousjours d*aiguillon à con- i tinuer envers son nom et sa mémoire vostre bonne | opinion et volonté. Et hardiment ^ Monsieur, ne > craignez pas de les accroistre de quelque chose : car : ne rayant gousté que par les tesmoignages publics j qu'il avoit donné* de soy, c'est à moy à vous res- ■< pondre, qu'il avoit tant de degrez de suffisance au delà , que vous estes bien loing de l'avoir cogneu tout entier. Il m'a fait cest honneur, vivant, que Je ■

1. Henry Estienoe, p. 117. de la Precellenee, appelle, avec plus de convenance ^ Xénophon un grand pertùHr nage. Toutefois si Ton remonte à Tétyiaologie dn mol gentilhomme, on s'étonnera moins de ce titre donné pit -- Montaigne à l'illustre Athénien. Bodin, 1. III de m Riflé' blique, c^y c\\.e un passage de Tite-Live , pria dansU harangue de Decius contre les patriciens «semper ista an* ditasunt, vos solos ^eniem habere, etc.,» etili^onta:

a ex quo satis innuit , nec servos , nec libectinos gen^Um habuJsse et genliles fuisse qui ex ingenui» nascerealnr. Hinc illa vox a nostris usurpata, ut qui nobiles suni ge»' liles dicantur. » Genlilis se trouve à peu près eroplofé dans cette signification de noble par Q. Mucius au pti-^ sage que rapporte Cicéron, Topiques, c, ù : m GeiM» sunt , qui interse eodem nomine sunt, ut ingenaia •fin** di , quorum majorum nemo servitutem senrivit , qai îâ* pite non sunt deminuti.» Cf. Brutus, c. 28.

2. II faut remarquer que cette petite particule (Uréa^ xpU ) dont nous ont fait part les Grecs , comme dit B. B»» tienne, p. 58 de la Precellenee, était, au xvV ftiècle,la* timement unie aux mots dont elle moditiait le sent, éi faisait corps avec eux. — Suivant d'autres, la racine de Irèi est Irans, au delà.

3« Déjà toutefois malgré des exceptiona assez ff équenlea,

DE MOï^TAlGNB. 103

nets au compte de la meilleure fortune des miennes , le dresser aveeques moy une cousture d'amitié si siroicte et si joincte, qu'il n'y a eu biais, mouve- Mut ny ressort en son ame , que je n'aye peu conidcrer et juger, au moins si ma veuë n'a quelquesoistiré court. Or sans mentir, il estoit, à tout rendre y si près du miraele, que pour, me jectant ia»de9 barrières de la vraysemblance, ne me faire Bcscroire^ du tout, il est force, parlant de luy , que e me reserre et restsraigne au dessous de ce que en sçay. Et pour ce coup , Monsieur , je me contenerajr seukanent de tous supplier pour l'honneur et everence que vous debvez à la vérité , de tesmoijkev et croire, que nostre Guyenne n'a eu garde de eoir rien pareil à luy parmy les hommes de sa •bbe. Sous Fesperance doncques que vous luy ren-

t dont les exemples devaient se montrer longtemps enore, on faisait en général accorder le participe passé avec t lom qui le précédait ; de là l'épigramme de Marot [vi commence par ces vers :

EnfanSy oyez une leçon :

Nostre langue a ceste façon ,

Que le terme qui va devant

Volontiers régit le suivant...-.

hisMarot lai-mérae, infidèle à la règle q d'il proclamait, élirait un peu après : k Elle aura été receu, » On lisait lus Seyssel, Guerres civiles , lï, 1 : «La paour (peur) que hiscan avoit eu. jv Amyot, le puriste, si souvent et à si *oo droit allégué comme autorité, se permettait de dire : L'injure qu'il lui avoit fait , » Vie de Démoslhène , c. 3 ; t Loysel , Dialogue des advocals , au sujet de Pierre du ognet ou de Cugniéres : a Ce Tut un des plus vertueux enonnages que la France ait produit.... n (1" confé- «ce.} Cf. Remarques de Vaugelas, t. ii, p. 7 et suiv. 1. Ainsi Charron a dit, Sag., III, 14 : «C'est moins mal \itcroire Dieu que de s'en mocquer. y>

drez cela qui luy est tresjustement deu , et pour I refraischir en vostre mémoire, je vous domie ce livre qui tout d*un train aussi vous respondra de ma pail que sans l'expresse défense que m'en fait mon in suffisance, je vous presenterois autant volontier quelque chose du mi«n , en recognoissance des obli gâtions que je vous doy, et de Tancienne faveur e amitié que vous avez portée à ceux de nostre maison Mais, Monsieur, à faute de meilleure monnoye, j* vous offre en payement une tresasseuree volonté di vous faire humblement service.

Monsieur, je supplie Dieu qu'il vous maintiemu en sa garde.

Votre obéissant serviteur, Michel de Montaigne^

LA MESNAGERIE

Une fois j'ouy Socrate debatre ainsi à peu )re8, de la mesnagerie. La mesnagerie, dit il , ► Critobule^, est ce quelque sçavoirqui a nom insi, comme la médecine , Forfavrerie ^ , la char-

i. Cicéron parle, de Senect., c. 17, de ce livre «qui stde taenda re familiari, qui OEconomicus inscribitur;» osait qu'il le traduisit: a Quem nos, isla fere slate quum »emns, qua es tu nunc, e grœco in lalinum converlimw.yi itil à son fils alors âgé de 21 ans , O/f., II , 24. Colulelle, après avoir indiqué les principales matières ailées dans cet ouvrage , ajoute, XII, 1, édit. Gesner : Hsc in OEconomico Xenophon et deinde Gicero , qui m latinœ consueludini Iradidit. » St JérAme , Prxfat. I Euseb, Chronic. : m Noster Tullius in Xenophonlis Eeonomico lusiLy* Gette traduction, qui a péri eu grande irtie, et dont ce père de TÉglise porte d'ailleurs un igement assez peu favorable, était comme un hommage indu par Gicéron au génie de l'écrivain dont il a dit dans Orateur : c< lllius sermo est ille quidem melle dulcior...,y> t de la lecture duquel le second Scipion TAfricain , omme U le rapporte , Tusc. ,11, 26 , faisait ses délices. IQuintilien , Imlit. Oral., X, 1.

1 Cet interlocuteur de Socrate paraît être le fils de 'riton, appelé en effet Gritobule,etdont parle Xenophon, ans les Mémoires, I, 3 ; II, 6; mentionné aussi dans TEubydème de Platon. Gf. Athénée, Deipnos, Y, 13 et 42; ^Qtarque, 1. II des Symposiaq., quest. I, et Macrobe, ^1,3.

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