Vcre) il e«t vrai
1 A cette époque, outre la forme plus habituelle ayl ctoïC, on trouve souvent encore écrite de la sorte la troi- Mime personne du subjonctif, aye : Montaigne, 1. III des Stiati, c. 5 : tf Considérant que la suprême volupté aye du iriDsy et du plaintif comme la douleur, je crois qu'il est ^ray, ce que dit Platon {Loig,^U), que Thomme aestéfait pn les dieux pour leur jouet. »
La Boëlle. 6
122 LA MESNAGERIE
le fust ' ; ainsi je gaslerois paradventure ta maison, si en la maniant je m'essayois à apprendre a mesnager. A cela respondit Critobule, tu fais des grands efforts, ô Socrates, pour m'eschapper, à fin de ne me donner nul secours, k ce que plus ayseement je puisse supporter les affaires dont je ne me puis passer^. Non fay en bonne foy, dit Socrates; je n'ay garde: mais tout ce que j'en sçay, je te le diray volontiers et de fort bon cœur. Aussi je croy bien que si tu venois cercher du feu , et qu'il n'en y eust point chez moy, si je te meinois ailleurs, où tu en pourrois avoir, lu ne sçaurois avoir en cela de quoy te plaindre de moy -, et si tu me demandois de l'eau , et que je n'en eusse point, quand je te meinerois ailleurs, où il y en eust, je ne pense pas pour cela que tu en eusses aucun mescontentement de moy; et si tu voulois apprendre de moy la musique, et que je t'enseignasse d'autres beaucoup plus grands maistres en cest art que je ne suis, et qui te sçauroient fort bon gré quand tu voudrois apprendre d'eux, de quoy en ce faisant te plaindrois tu de moy? Je m'en plaindroissans raison, ô Socrates, si je le faisois. Je te monstreray doncques d'autres, ô Critobule, dit il , beaucoup
i. (Fustis) le bois, le corps de rinstrament, de la^mteme ou guilerre, comme dit Ronsard; de la gaitare. V. Disc, nonplus melanc. que div. de Bon. des Perriers, c.22.
2. Dans le bnt de me faire supporter plus facilemeot des charges...., le fardeau d'une administration dont je ne puis m'alTranchir....
DE XEXOPHOK. 123
)lus sçavans que moy, en ce dont tu me pries, 't qui en font profession. De vray je ne nie pas |ae je n'aye esté curieux de sçavoir ceux qui ont en nostre ville les meilleurs et plus sçavans naistres de tous estats : car m' estant apperceu es uns estre fort pauvres, et les autres fort rihes, faisans mesme estât, j'en fusesbahy, et me embla que la chose meritoit qu'on y advisast, KHir sçavoir que c'estoit: puis, en y prenant ^ffde, je trouvay que cela se faisoit fort natuellement : car je veis que ceux qui faisoient les choses folement et k l'adventure , n'en rapporjoienl que perte et dommage ^ et ceux qui pourt'oyoient d'un sens arresté, je cogneus a Fœil L|iie ceux Ik en venoient a bout, et plus tost et plus ayseement , et avecques plus grand gain et avantage. A l'escole de ceux Ik suis je bien asseuré que si tu veux aller, tu ne faudras, si Dieu ne t'est contraire, d'estre quelque jour un merveilleux thresorier. Critobule l'oyant parler ainsi : Je n'ay donc garde meshuy de te lascher, que premier tu ne m'ayes monstre ce que tu m'as maintenant promis en présence de ces gens de bien nos amis. Et quoy, Critobule, dit Socrates, si je te monstre premièrement les uns qnibastissent a grand coust* desbastimens inutiles, et les autres qui k beaucoup moindres