Frais... La Fontaine, fab. du Mort et du Curé,\U
Monsieur le mort, j'aurai de vous Tant en argent et tant en cire, Et tant en autres menus coûts.
I2i LJl MESSAGERIE
frais les font commodes pour tout ce qu'il fait besoing , te semblera il que je t'aye monstre uo des poincts appartenans k la mesnagerie ? Ouy vrajement bien fort , dit Critobule. — • Et quoy, dit il , si je t'enseigne , après cela , une autre chose qui vient à la suite de celle la, comment les uns ayans force meubles de toutes sortes, ne s'en peuvent servir quand ils en ont besoing, ny ne sçavent à grand'peine s'ils les ont : ainsi ils se tormentent eux mesmes souvent, et tormentent leurs valets-, et d'autres qui n'ayans rien plus que ceux Ik, mais encores beaucoup moins, les ont tousjours prests et à main, quand ils en ont affaire. Mais qui est la cause de tout cela , ô Socrates ? est ce point pour ce que ceux Ik espandent tous leurs meubles , et les jectent par ci par là ; et chez les autres toutes choses sont ordonnées cbascone on quelque lieu? Ouy vrayement, dit Socrates, et non pas seulement en quelque lieu : mais encores tout est, l'arranger en la place quiluy est la plus convenable. Tu dis doncques , dit Critobule, ce croy je, que c'est un poinct de la mesnagerie. <Juoy donc encores , dit Socrates, si je te monstre chez l'un, les serviteurs tous attachez, par manière de dire , et ceux Ik s'enfuyans et se desrobbans souvent? Et chez l'autre, vivans au large, et travaillans franchement et de bon cœur, et ne bougeans jamais 5 n'estimeras tu pas que je t'ay faitveoir un bel effect et notable de la mesnagerie? Mais bien fort
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je l'asseure, dit Critobulc. Et si je te faiscognoislre comment en labourant la terre de fflesme sorte, a peu près, les uns disent qu'ils en sont perdus et destruits^ ^ et les autres ont à gré et k foison tout ce qui leur fait mestier", par le moyen de l'agriculture? Ouy, dit Critobule, mais possible est ce pour autant que ceux la despendent, non pas seulement en ce qu'il faut , mais encores a ce qui leur est dommageable à eux et à leur bien. Paradvcnture , ditSocrates, en y a il bien aussi quelques uns 4e ceste sorte , mais d'eux ne parle je pas maintenant, ainçois* d'autres que j'en voy, qui ne peuvent pas seulement fournir a ce qui leur est nécessaire, et qui se disent faire mestier de Tagriculture. Et qui sera la cause de cela , dit il , ô Socrates? — Je te meineray aussi vers ceux là , dit il; et après les voyant à l'œil toy mesme, tu l'apprendras, je croy. — Ouy bien, dit il, mais c'est à sçavoir si je pourray. De vray, dit Socrates , il faudra t'essayer, pour veoir si en advisant tu pourras cognoistre la cause. Et certes il me souvient bien, aussi fait il bien à toy%
1. C.-à-d. que les travaux de Tagricullure causent leur todigence et leur ruine....
2. Tout ce dont ils ont besoin.... Les Italiens nous ont pris cette locution; Bembo, dans ses Azolains: ce Non fa ^ustiero di molle parole. » Mestier était synonyme d'emploi, de besoin, comme Tannonce ce proverbe : «Nul i'csl si riche qu'il n'ait mesUer d'amis.» V. la PrecclL, p. 166 et 275.