‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 78 sur 293 · El lu te souviens bien aussi sans doute · texte numérisé non relu

El lu te souviens bien aussi sans doute

1120 LA MESNAGËRIE

je croy, que souvent tu t'es levé de fort bon matin ' , et as fait beaucoup de chemin pour aller vcoir les jeux des comédies -, et maintesfois m'as prié de grande affection d'aller avecques toy. Mais tu ne me convias jamais pour aller veoir aucun de ces effects de la mesnagerie. C'est donc à dire, ô Socrates, qu'il te semble qu'il y a bien en moy de quoy se mocquer. Mais c'est à toy, dit Socrates , qu'il le semble, ce croy je, plus qu'k moy. Mais encores si je te monstre aucuns qui n'ont pas h grand'peine de quoy vivre , et sont venus a ceste extrcmilé pour aymer les chevaux -, et d'autres qui pour les avoir aymez aussi, sont maintenant fort aysez, et se vantent du proufit qu'ils y ont trouvé? Cela voy je bien moy mesme, ditCritobule, et cognois et les uns et les autres; et pourtant ne suis je pas du nombre de ceux qui gaignent. Pour ce, dit Socrates, que tu les vois tout ainsi comme tu regardes les joueurs des tragédies et des comédies, non pas, je croy, pour devenir bon poëte , mais pour te donner plaisir à veoir ou à ouïr quelque chose. Et paradventure que d'en user ainsi aux jeux^ lu n'as pas de tort , car tu n'as pas d'envie d'estre poëte -, mais puis que tu es contraint de tenir grande escuyrie', ne penses tu pas estrebien

1. Chez les Athéniens, le ihéftlre s'ouvrait à la pointe <lu jour; c'est ce que nous apprend Eschine, dans ion plaidoyer contre Ctésiphon; cf. Barthélémy, c. 11.

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