‹ Œuvres complètes, réunies et publChapitre 81 sur 293 · La dépense · texte numérisé non relu

La dépense

1 Cette forme de futur du verbe faillir a depuis cessé d'être en usage. Nous avons vu plus haut : ce tu ne faudrts.» Je faudrai, tu faudras,.., ainsi parlerait-on encore «qjoard'bui. kNous sommes en controverse, remarque mti H. Estienne au sujet du verbe assaillir, si Ton doibt dire yassaudray ou ïassailliray, » PrecelL, p. 242.

3. n est probable que le traducteur avait écrit ces deux formes , avec Tintention de choisir entre elles ; pour éviicrle pléonasme, qui ne se trouve nullement dans le grec, il semble nécessaire de supprimer les meilleurs mailres , oale membre de phrase qui suit.

4. Tu songes, tu penses.... Cuidance, pensée ^ cuide- Ttau, qui pense à soi, glorieux^ etc. Malgré ce dernier len, Pontus de Thiard, de Recla nominum imposilione, M8, s'est trompé en dérivant ce mot de xvSào), glorifier, n Tient de eogilo , ou eredo: Y. Sylvius ou du Bois^ dans it Grammaire française, p. 156. Ce verbe ne subsiste plut que dans ses composés.

132 LA MESNAGERIE

quand je m'y serois exercé , monstre les moy, et les hommes qui en usent ^ et toy mesme aydf moy, pour les apprendre. Tu parles certes fort bien, ô Critobule, dit il, car les arts qu'on appelle mechaniques, où il faut souffler le charbon * , sont mechaniques de leur nom , et à boa droict les tient on en peu d'estime aux bonnes villes, car elles gastent les^ personnes de ceux qui y travaillent et s'y exercent , de tant qu'elles les contraignent de estre tousjours assis, vivre casaniers et demeurer a l'ombre -, et encores y a il tel mestier, qu'il faut avoir tout le long du jour le visage au feu. Or le corps estant par ce moyen amolly et efféminé, le cœur mesme en devient plus lasche et moins vigorcux. Aussi ces arts mechaniques donnent plus d'empeschement ^ et retirent les hommes du soucy qu'ils doibvent avoir de leurs amis et de leur ville : de sorte qu'il est aysé à cognoislre, que en tels gens les amis ne trouvent guieres de plaisirs, ny leur païs guieres grand secours; et de la vient qu'en plusieurs citez, mesmes en

1. ce Car les ans qu'on appelle mécaniques, dit simple-^ ment Xénophon, sont décriés ... » La Boëtie a traduit trop littéralement pavauatxai, qui signifie en effet, au propre, arts relatifs à celui du forgeron (pàvaudoOi mais ici , dans un sens plus général , métiers , professions mécaniques.

2. Elles nuisent aux (vastant)... Les beaux arts, disait tout à Thenre La Boëtie. On a déjà remarqué que le genre de ce subst. était alors indécis. Montaigne l'emploie en gén. avec le fémin.; mais il mêle aussi les deux genres, IjSi^-

3. Donnent beaucoup d'embarras à ceux qui les exercent; les absorbent....

celles qui semblent estre les plus guerrières ' , il n'est pas loisible a aucun des citoyens do besongner de ces mestiers. Et h moj , dit il , ô Socrates, de quel me conseilles tu que j'use i' Possible, dit Socrates, n'aurons nous pas honte d'imiter le roy de Perse : car on dit , pour autant qu'entre les plus beaux et les plus nécessaires exercices il estime l'agriculture et les armes , qu'à ceste occasion il est merveilleusement soigneux de tous deux. Critobule l'oyant parler ainsi : Et tu crois cela, dit il, ô Sourates, que le roy de Perse ait aucun pensèrent de l'agriculture? Paradventure , dit So- 'rates, cognoistrons nous s'il s'en soucie, en y )renant garde de la sorte que je te vay dire. Sous sommes bien d'accord qu'il est fort soipaeux du fait des armes, pour ce que luy nesme ordonne a chasque gouvernement , sur [uellesnations il faut prendre la munition-, et à ombien il en faut donner des gens de cheval \ les archers, des tireurs de fonde*, des pic-

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