L.e te\(e dit : aÇt pour les fruits humides etpovr
vaux, et menu bestail, et pour tout ce qu'ils ont, lionorent les dieux et les servent. Tu parles certes comme il faut, ô Socrates, m'advertissant que je ttsche de ne commencer chose aucune que avecgues le plaisir des dieux, de tant qu'ils sont seigneurs de tout ce qui appartient k la paix et a la gierre : je m'efforceray doncques d'en user ainsi. Hais reprens , je te prie , le propos de la mesnajerie, en l'endroict où tu l'avois laissé , et essaye le meiner k bout ce qui suivoit après : a ceste lenre mesme , pour avoir ouy ce que tu as dit> 1 m'est bien advis que desjk, mieux que devant, 'entrevoy ce qu'il me faut faire pour vivre. }aoy doncques, dit Socrates , si nous repassions » que nous avons arresté d'un accord en disputant, k fin que, s'il est possible, nous mettions peine de discourir aussi ce qui reste encores , sans laisser passer chose dont on ne s'accorde ? Poarvray, dit Critobule, il y a du plaisir, ce DK semble, comme k deux parsonniers^ qui voyent les parties de leur société, quand ils passent tousjours avant en leur compte , sans bosser derrière aucun article en débat ; et de mesmes entre nous, qui sommes communs aux
les fruits secs.» Voy.,àce sujet, Pline, Ht«(.na(.^ XVIII, 7, fsi distingue aussi les Truits de la terre en blés ou Truits secs, et légumes ou fruits à suc ; cf. id,, XV, 28.
1. (De pars, particeps). On dirait aujourd'hui associés. Parton autrefois, portion: on appelait parsonnier, et Tofficier chargé de la recette des biens qui se divisoient par é|ales portions entre les chanoines. y> Dict. du vieux lAïïg,^ par Lacorobe, t. ii, supplément, p. 396.
loO LA MESSAGERIE
propos que nous debatons, si nous suivons nostre dispute , sans présupposer aucune chose que nous n'ayons arresté tous deux. Doncques, dit Socrates, n'avons nous pas esté d'advis, que lamesnagerie est le nom d'un sçavoir ? Et puis, il nous a semblé que c'est le sçavoir par lequel les hommes peuvent faire les maisons meilleures : et la maison, nous disions que c'estoit toit l'avoir de chascun ; et qu'à chascun, son avoir, c'est ce qui luy est proutitable pour la yie ; et après nous avons trouvé , que ce de quoy nom sçavons user, cela nous estproufitable; et avons esté d'opinion qu'il estoit impossible d'apprendre tous les arts -, et estions d'advis de m faire point compte, comme on ne fait aw bonnes villes , des arts mechaniques , pour ee qu'il semble, à veoir, qu'ils abbatent le cœur rt gastent le corps ; et de cela disions nous qu'on en verroit un clair et apparent tesmoignage,si quand les ennemis entrent en une contrée, on mettoit d'un costé les laboureurs , et les ar- i tisans d'un autre, et on leur demandoit k tow, a part, de quel advis ils sont, ou de défend» la campaigne * , ou bien de l'abandonner pour i se retirer dans les villes et garder les mn-
1. La compaignie, lit-on dans rédition originale; le grec porte àpViYetv t^ X^^^P?- ^^ ^^^ manifeste que U Boëtie avait écrit la campaigne. J'ai cru qu'U m'était permis de Taire quelques autres corrections du iiiêtti genre, aussi évidemment motivées, dans un texte d(Mrt l'éditeur nous avoue i< que du grec , il n'avoit qnasi it tout point d'intelligence. « Ess., I, 23.
DE XENOPHON. ISl
railles : car pour certain nous croyons que ceux qui sont tousjours après les terres, seroient d'ad- Tffi de combatre ^ et les artisans non , mais de demeurer assis , comme ils sont apprins des leur enfance , et ne se mettre en peine ny en danger. Apres nous avons résolu que l'agriculture , dont 1^ hommes prennent ce qui leur fait besoing , est la meilleure occupation, et le plus beau sçavoir qu'on pourroit trouver pour un homme de bien et honneste. Car nous trouvions ceste mcation, entre toutes, la plus facile k apprendre, la plus plaisante k en user, et rendant les corps les plus beaux et les plus forts ^ et si ne donne aucun empeschement k l'esprit, qu'on ne puisse bien avoir le cœur aux affaires de son païs et de ses amis : et avons estimé qu'elle aiguillonne grandement les hommes k estre hardis et counigeux , de tant que hors des murailles et des forts, elle produit les fruicts et nourrit les hommes qui l'entretiennent^ et par ainsi, que ceste iiçon de vivre est en grand honneur aux citez , ource qu'elle fait des bons citadins, et fort Sectionnez au commun.
AdoDcques Critobule dit : Or doncques mesiiy, ô Socrates, que je croye que vivre de la icsnagerie des champs, c'est la plus belle, et la meilleure , et la plus plaisante manière de vie , ea pense avoir eu par tes raisons suffisante iTCuve. Mais quant k ce que tu disois avoiripprins autrefois , pour quoy c'est qu'aucuns aaent d'agriculture de telle sorte, qu'ils en tirent
lo2 LA MESMAGERIB
tout ce qui leur fait mestier, en grande abondance ] et les autres en usent de telle façon, qu'elle ne leur vient à aucun proufit , la raison de cela entendrois je de toy fort volontiers, pour faire ce qui est bon, et laisser ce qui est dommageable. Et quoy, dit Socrates, ô Critobule , si je te conte des le commencement un propos qu'autrefois j'eus avec un personnage, qui estoit vrayement, k mon advis, de ceux k qui on donne justement ce tiltre de bel et boa homme, qu'on appelle? A bon escient, dit Critobule , je voudrois bien qu'on dist cela de moy : car aussi de vray j'aymerois bien estre tel, que je fusse digne de ce tiltre. Je te feray doncques de surcroist le conte , dit Socrates , comme c'est que je me prins garde de ce beau mot -, car \mf le regard des bons charpentiers , des bons graveurs d'airain, bonspeintres, tailleurs de pierre*, et tels autres artisans, j'eus prou de^ peu de temps k passer par tout , pour les veoir tous, et tous leurs ouvrages qu'on estime beaux : mais pour avoir le moyen de prendre garde k cem qm ont ce grand et brave nom de Bel et Bon, et d'entendre en quoy faisant ils méritent d'en estre appeliez , j'avois une grande envie en mon cœur de trouver quelqu'un de ceuxlk ^, de qui je
1. Statuaires.... La Boëtie a traduit par charpenlieft» TsxTovaç , qui signifie ici des artistes en général. • 2. Bien.... très.... J'avais bien peu de temps (Tcdvu oki^o; Xpovo;), pour...., ou plus exactement : bien pende temps me suffit, etc.