‹ Œuvres complètes: suivies d'un choix der poésies de ses disciplesChapitre 38 sur 106 · DE VILLON, AUX ENFANS PERDUZ · texte numérisé non relu

DE VILLON, AUX ENFANS PERDUZ

Beaux enfans, vous perdez la plus Belle rose de vo chapeau, Mes clers apprenans comme glu; ^-'e vous alle2;^à Montpippeau Ou à Ruel,* gardez la peau :

Car, pour s'esbatreen ces deux lieux, Cuydant que vaulsist le rappeau, La perdit Colin de Cayeulx.

Ce n'est pas ung jeu de trois mailles, Où va corps, et peut-estre Tame :

S'on perd , rien n'y sont repentailles, Qu'on ne meure à honte et diffame; Et qui gaigne, n'a pas à femme Dido la royne de Cartage.

L'homme est donc bien fol et infâme.

Qui, pour si peu, couche tel gage.

Qu'un g chascun encore m'escoute :

On dit , et il est vefité,

Que charretée se boyt toute, Au feu l'yver, au bois Testé.

S'argent avez, il n'est enté ; Mais le despendez tost et viste.

Qui en voyez- vous hérité ?

Jamais mal acquest ne proffite.

BALLADE

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